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samedi 10 décembre 2022

Fébrilité

Si du côté du gouvernement français l’on semblait plutôt confiant quant aux résultats des élections législatives de dimanche dernier, après tout le président avait réussi à se faire réélire avec une généreuse avance que ce soit au premier comme au second tour de la présidentielle, la fébrilité aujourd’hui se fait ressentir. Car loin de la victoire espérée, la coalition présidentielle arrive certes en tête mais ex æquo avec la coalition de la gauche au premier tour. Un résultat qui fait donc craindre non seulement une défaite dimanche prochain, mais surtout la perspective pour Emmanuel Macron de ne pas pouvoir gouverner. Le chef de l’État français en déplacement en Roumanie n’hésite donc pas à faire campagne et a notamment qualifié la désobéissance aux traités européens, promue par la Nupes, d’«affaiblissement pour notre pays». Avant de décoller pour Constanta, mardi en fin de journée, le président avait lié la situation internationale et l’enjeu électoral français, refusant d’ajouter une «déstabilisation» nationale dans un contexte de crise. Hier, sur le tarmac de l’aéroport Mihail-Kogalniceanu, où il venait de passer les troupes françaises et étrangères en revue, Emmanuel Macron a répondu aux accusations de mélange des genres et aux critiques de Jean-Luc Mélenchon. Dans une interview au «Parisien», le leader Insoumis a en effet estimé que le déplacement présidentiel auprès des forces françaises déployées sur le territoire roumain représentait une forme de «mépris» pour les électeurs. «Il faudra m’expliquer en quoi venir auprès des soldats est une forme de mépris», a cinglé le président, estimant que les Français, eux, y voyaient «une forme de respect». Il ne s’est pas arrêté là dans son commentaire. «Être président de la République, c’est aussi être chef des armées», a-t-il poursuivi. «Nous sommes aussi à quelques jours de la fin de la présidence française de l’Union européenne. Je sais que d’aucuns veulent en sortir», a-t-il ajouté en visant le troisième homme de la présidentielle, qui prône la désobéissance aux traités européens. Ce serait «un affaiblissement pour notre pays et sa sécurité», a dénoncé Emmanuel Macron, sans aller cependant jusqu’à rappeler les positions pro-russes de Jean-Luc Mélenchon. Il n’est pas dans l’habitude des chefs d’État de commenter les affaires de politique intérieure lors de leurs déplacements à l’étranger. Mais à quelques jours du second tour, Emmanuel Macron, qui s’implique énormément dans la guerre en Ukraine, n’aura probablement pas plus de temps pour mobiliser ses électeurs. Reste à voir si les Français sont prêts à ôter le pouvoir au président tout juste réélu, le privant ainsi de la capacité à mettre en pratique son programme, ou si malgré tout les électeurs préfèreront garder une certaine cohérence. Car après tout, si une majorité voulait placer l’extrême-gauche à la tête de l’État, elle aurait pu le faire le 10 avril dernier en votant massivement pour Jean-Luc Mélenchon qui n’a même pas atteint le second tour. Toutefois, la mobilisation exceptionnelle de ses électeurs et l’abstention record pourraient favoriser un résultat en faveur de la Nupes (coalition de gauche) et la mise en place d’une cohabitation sitôt le début du second mandat d’Emmanuel Macron.

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