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jeudi 6 octobre 2022

Faut-il s’attendre à une nouvelle bataille de Tripoli ?

Que se passe-t-il ces dernières heures à Tripoli ? Nouveaux affrontements opposant les partisans du gouvernement en place dit d’unité nationale, que dirige depuis février 2021 Abdelhamid Dbeibah, à ceux de Fathi Bashagha, qui depuis sa désignation par le Parlement basé à l’est en mars de cette année n’arrive pas à prendre ses fonctions dans la capitale libyenne ? Dans ce cas, ce ne serait pas la première fois, mais la troisième au cours de cette année, après ceux de juillet et d’août, qui ont fait des morts et des blessés. Ou serait-ce plutôt le début d’une nouvelle bataille de Tripoli, d’une ampleur comparable à celle de 2019, qui s’était terminée moins d’une année plus tard par la défaite des forces commandées par Khalifa Haftar ? La question se pose d’autant plus qu’il y a encore peu, Bashagha, dans une lettre envoyée à Dbeibah, a brandi la menace d’une entrée en force dans Tripoli, si son rival persistait dans son refus de lui remettre le pouvoir. Menace prise au sérieux, puisque depuis un déploiement de forces a été constaté à la périphérie sud de Tripoli, comme pour repousser une attaque imminente. Des témoins sur place ont fait part ces dernières heures d’affrontements autour du palais gouvernemental, dont ils ont cependant relevé le caractère limité.

Ce qui laisse penser deux choses. L’une est que la grande offensive attendue n’a pas encore commencé ; l’autre est que selon toute vraisemblance, ce n’est que partie remise, qu’une nouvelle bataille de Tripoli est dans l’air du temps, et qu’il y a même déjà des forces qui se sont portées au dehors de la ville pour former la première ligne de défense. Mais pour qu’une offensive soit à l’ordre du jour, encore faut-il que l’attaquant se montre déjà, ce qui en l’occurrence n’est pas le cas. La frontière entre l’est et l’ouest n’est d’ailleurs pas aux abords de Tripoli, mais à Syrte, qui se trouve à plus de 400 kilomètres. Une distance assez grande pour ne pas se laisser surprendre par une attaque, pour avoir le temps de la voir venir. On comprend néanmoins pourquoi Tripoli est déjà sur les dents. C’est qu’une partie des attaquants sont déjà dans la ville. Ce sont tous les groupes qui soutiennent le gouvernement hors-les-murs de Bashagha et qui font le coup de feu de temps en temps. La première bataille de Tripoli, celle de 2019, a été perdue par l’est parce que la Turquie s’en était mêlée, qui alors ne voulait pas que la Libye soit d’un bout à l’autre dominée par l’Egypte. Depuis, elle a évolué sur la question, à ce qu’il semble en tout cas. Aujourd’hui, il n’est pas évident qu’elle s’interposerait comme en 2019. Sans son intervention, la Libye serait probablement réunifiée à l’heure qu’il est, mais sous l’hégémonie de l’est, le reste du monde ayant alors semblé admettre qu’il en soit ainsi. Ni les Etats-Unis, ni les Européens, ni aucune autre grande puissance n’avaient en tout cas exigé que Khalifa Hafter retire ses troupes. Autrement, ce serait admettre que la Libye finisse par se scinder en deux Etats, à tout le moins, l’un centré sur Tripoli, et l’autre sur Tobrouk ou Benghazi. Probablement en guerre incessante l’un contre l’autre, pour le contrôle des gisements pétroliers, dont le meilleur est à l’est.

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