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vendredi 1 juillet 2022

Fatoum Lakhdari, chercheuse agro-écologiste tire la sonnette d’alarme : Course folle à l’urbanisation au détriment de l’agriculture

En Algérie, de nombreuses zones d’activités s’implantent au détriment de l’activité agricole. Plusieurs milliers d’hectares entièrement destinés à l’agriculture ont été détournés de leur vocation initiale. Cette course folle à l’urbanisation met en péril l’agriculture et risque de menacer, à terme, l’indépendance alimentaire du pays.

Par Louisa A. R.

Besoins en logements et en infrastructures obligent, l’Algérie a enregistré une perte de milliers et de milliers d’hectares de terres agricoles par la faute d’une urbanisation effrénée et anarchique ainsi que l’inconscience et la mauvaise gestion de responsables.
Les terres transformées en zones commerciales ou pour habitations sont pourtant très fertiles. Ainsi, l’urbanisation de ces zones agricoles porte un coup aux agriculteurs qui veulent investir dans ce créneau et les prive de surfaces à très bon rendement. A cela, il faut ajouter le phénomène de la désertification, qui risque de faire disparaître d’autres millions d’hectares. Face à cela, les autorités publiques se devaient de réagir par des mesures sérieuses pour parer à la perte de ces terres fertiles et productives.
Pour mettre un frein à cette bétonisation des terres agricole, Fatoum Lakhdari, chercheuse agro-écologiste et ancienne directrice du Centre de recherche de Biskra sur les zones arides, a insisté sur l’urgence de se mobiliser pour faire face à l’urbanisation anarchique et la mauvaise utilisation des sols, mais aussi à la désertification et à l’aridité des sols. Invité de l’émission «Invité de la rédaction» de Souhila El Hachemi, de la Radio nationale Chaîne 3, l’intervenante a plaidé en faveur de l’arrêt de l’urbanisation qui avance au détriment des terres agricoles et appelé à «inverser le mouvement migratoire du nord vers le sud». Elle a également recommandé l’abandon de l’usage des intrants chimiques et autres pesticides dans l’agriculture pour leur substituer des pratiques agro-écologiques que «nous avons héritées de nos ancêtres».
Pour Fatoum Lakhdari, l’Algérie, au-delà des efforts consentis, doit se doter d’une stratégie globale pour parvenir à un développement durable.
Avec les bouleversements géostratégiques en cours et les changements climatiques menaçants, la sécurité alimentaire est devenue une question de souveraineté et d’indépendance des Etats. L’invitée de la Chaîne 3 a estimé que «l’Algérie a fait de grands progrès en matière de sécurité alimentaire». Pour étayer son propos, elle a rappelé qu’au niveau quantitatif, la ration alimentaire journalière moyenne par habitant est aujourd’hui d’environ 3 500 kilocalories, alors qu’elle ne dépassait pas 1 700 Kcal en 1962. Mais beaucoup reste à faire, a-t-elle prévenu. En effet, en dépit de ces résultats et de la pluviométrie appréciable enregistrée cette année, «nous devons, toutefois, rester vigilants et inscrire les stratégies agricoles dans le cadre des changements climatiques», a-t-elle mis en garde.

L. A. R.

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