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jeudi 25 avril 2024

Expulsions

L’Allemagne, qui a ouvert en 2015 la voie à la vague migratoire massive qui a apporté des millions de personnes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, est aujourd’hui confrontée à des problèmes de plus en plus nombreux liés à l’apport massif de population qui a changé rapidement sa démographie. Un problème si sérieux que les Allemands envisagent désormais de se tourner vers la droite nationaliste anti-immigration dans l’espoir de voir cette question réglée. Conscient du changement de paradigme du peuple allemand sur ces thématiques, le gouvernement actuel a fait de nombreuses promesses ces dernières années pour tenter d’endiguer la popularité grandissante de l’AfD, Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne). Le chancelier Olaf Scholz (SPD), issu du Parti social-démocrate, a même récemment promis que des expulsions massives seraient prochainement mises en place. Néanmoins, à ce jour, rien n’a été fait. Peut-être que le gouvernement allemand estime-t-il désormais que l’Afd n’est pas une si grande menace suite aux manifestations dans tous le pays il y a trois semaines pour protester contre l’«extreme-droite». Environ 150 000 personnes ont en effet manifesté le 3 février dans les rues de Berlin, alors que la mobilisation contre le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) entrait dans sa quatrième semaine. Des rassemblements ont également eu lieu dans les villes de Dresde et Hanovre, signe d’une inquiétude croissante face au fort soutien de l’opinion publique à l’AfD. «Que ce soit à Eisenach, Hombourg ou Berlin, dans les petites et grandes villes du pays, de nombreux citoyens se rassemblent pour manifester contre l’oubli, la haine et les discours de haine», a écrit le chancelier Olaf Scholz sur le réseau social X. Ces manifestations sont «un signe fort en faveur de la démocratie et de notre Constitution», a-t-il ajouté. Le succès de l’AfD a suscité l’inquiétude des partis traditionnels allemands, qui craignent qu’elle ne remporte trois élections régionales dans l’est de l’Allemagne en septembre, même si des sondages récents ont montré une légère baisse du soutien au parti d’extrême droite. Jakob Springfeld, porte-parole de l’ONG Solidarity Network Saxony, s’est dit choqué qu’il ait fallu autant de temps pour organiser des manifestations de cette ampleur contre l’extrême droite, alors que l’AfD a déjà réussi à s’imposer dans de nombreuses petites localités. «Mais il y a un sursaut maintenant. Et le fait que ce sursaut intervienne est porteur d’espoir, je crois». En effet, un sondage Forsa a montré en début de semaine que le soutien à l’AfD était passé sous la barre des 20 % pour la première fois depuis juillet. Selon l’institut de sondage, l’AfD se place en deuxième position derrière le parti conservateur allemand CDU, qui recueille 32 % de soutien parmi les électeurs, tandis que les sociaux-démocrates de centre-gauche d’Olaf Scholz sont en troisième position avec 15 %. Les 200 rassemblements prévus dans le pays, comme depuis plusieurs semaines, témoignent du choc provoqué par la révélation le 10 janvier par le média d’investigation allemand «Correctiv» d’une réunion d’extrémistes à Potsdam, près de Berlin, où, en novembre, un projet d’expulsion massive de personnes étrangères ou d’origine étrangère a été discuté. Toutefois, si quelques centaines de milliers de personnes ont été choquées par ses dispositions, qu’en est-il de la majorité du peuple allemand ? L’inaction du gouvernement qui promet des mesures pour lutter contre l’insécurité liée à l’immigration massive pourrait cependant donner un nouveau coup de fouet à l’Afd d’ici septembre et changer peut-être à cette occasion le paysage de la classe politique allemande.

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