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mercredi 29 juin 2022

Explosions nucléaires en Algérie: Les plaies de la France coloniale toujours béantes

Samedi 13 février 1960 à 7h04 du matin, la France coloniale faisait exploser, à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Hamoudia (Reggane), une bombe au plutonium cinq fois plus puissante que celle tristement connue d’Hiroshima au Japon. Dénommée «Gerboise Bleue», la première explosion nucléaire sera suivie par 3 autres au niveau du site de Reggane, à savoir «Gerboise blanche» (1er avril 1960), «Gerboise rouge» (27 décembre 1960) et «Gerboise verte» (25 avril 1961). Au total, la France a procédé à l’explosion de 17 bombes nucléaires aériennes et souterraines, entre février 1960 et février 1967 dans la région de Reggane et dans les cavités du massif du Hoggar (Tamanrasset), et ce, au mépris de la sécurité de la population locale et de l’environnement. La «reconnaissance de la responsabilité de la France» quant aux conséquences néfastes de ces explosions nucléaires demeure posée, a indiqué l’historien Fouad Soufi, plaidant pour l’accès aux archives françaises de l’Armée et des services de santé, liées à cet épisode de la colonisation. Les conséquences des essais nucléaires sur la vie et la santé de la population algérienne du Sud continuent de poser «le problème de la reconnaissance de la France quant à sa responsabilité dans un événement aussi tragique», a-t-il déclaré à l’APS, la veille de la commémoration du 62e anniversaire du 1er «test» de l’arme nucléaire de la France dans la région de Reggane (Adrar). «Néanmoins, je doute fort que reconnaissance signifie automatiquement indemnisation», a-t-il poursuivi, rappelant la politique de «deux poids, deux mesures» de la France vis-à-vis de l’Algérie et de la Polynésie française s’agissant de la question nucléaire, dont elle a consenti à reconnaître la responsabilité pour la dernière. Merzek Remki, expert en énergie atomique, a indiqué de son côté, que la France doit assumer son rôle et assister l’Algérie pour la décontamination et la désinfection des sites de ses explosions nucléaires dans le Sahara algérien, où les effets sur les plans environnemental et sanitaire ont été «dévastateurs». L’assistance de la France pour déterminer la matière nucléaire issue de ces explosions réalisées par l’armée coloniale à Reggane et In Ikker entre 1960 et 1967 est «primordiale», a-t-il déclaré, relevant qu’il est pour «le moins anormal que la France traite différemment la question de ses explosions nucléaires réalisées en Algérie et en Polynésie».
Synthèse Massi Salami

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