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mercredi 1 février 2023

Exercice

Le rêve ultime de Donald Trump, de revenir à la Maison-Blanche en 2024 pour exercer le second mandat présidentiel qui, selon lui, lui a été volé en 2020, pourrait-il ne jamais se réaliser ? C’est du moins ce que préconise la commission d’enquête parlementaire américaine sur l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, publié dans la nuit de jeudi 22 à vendredi 23 décembre, dont le rapport conclu que le milliardaire «ne devrait jamais pouvoir occuper de nouvelles fonctions publiques après avoir incité ses partisans à l’insurrection». La conclusion de ce document de 845 pages est suivie d’une liste de recommandations visant à ce que l’attaque du siège de la démocratie américaine, que l’ancien président républicain est accusé d’avoir orchestré pour empêcher le transfert du pouvoir à son adversaire démocrate Joe Biden après sa victoire à l’élection présidentielle de 2020, ne se répète jamais. «Notre pays ne peut tolérer qu’un président défait se transforme en tyran cherchant à renverser nos institutions démocratiques (et) et semer la violence», a affirmé Bennie Thompson, chef de la commission, en introduction du rapport. Le compte rendu exhorte à légiférer pour que Donald Trump, candidat à nouveau pour 2024, et toute personne qui s’engagerait dans une «insurrection» soit interdite d’exercer une fonction publique, que ce soit au niveau «fédéral ou étatique, civil ou militaire». Aboutissement de 18 mois d’investigation, durant lesquels les élus ont interrogé un millier de personnes, examiné une montagne de documents et tenu des auditions publiques très médiatisées, le rapport établit que le milliardaire conservateur a été la «principale cause» des événements du 6 janvier. Les neufs membres de la commission, sept démocrates et deux républicains, ont ainsi recommandé que des poursuites pénales soient lancées contre l’ancien président, pour appel à l’insurrection, complot à l’encontre de l’État américain, entrave à une procédure officielle (de certification d’un scrutin présidentiel) et fausses déclarations. La publication de ce rapport constitue le dernier coup d’éclat de la commission d’enquête avant sa dissolution en janvier lorsque les républicains, qui se sont en grande majorité opposés à cette investigation, prendront le contrôle de la Chambre des représentants. Bennie Thompson s’est dit «convaincu» que le ministère de la Justice, qui a commencé à recevoir des éléments et preuves issus de l’enquête parlementaire, allait inculper Donald Trump. «Personne, y compris un ancien président, n’est au-dessus de la loi», a-t-il affirmé. Donald Trump, qui a dénoncé l’enquête du Congrès comme «une chasse aux sorcières» et ses membres de «cas sociaux» et «voyous», doit aussi faire face à des investigations pénales et civiles sur ses affaires financières à New York et les pressions électorales qu’il a exercées en Géorgie pour tenter de renverser l’élection de 2020. Reste à voir si les conclusions de ce rapport seront en effet suivies, ou si une fois encore Trump réussira à éviter, comme il l’a déjà fait deux fois lors des tentatives de destitutions dont il a été l’objet durant son mandat, la disqualification officielle. Cela fait trois ans que l’ex-président attend la prochaine présidentielle pour reconquérir la Maison-Blanche et les démocrates savent pertinemment que ses chances d’y arriver sont également très élevées. Finalement, plus que la loi, la meilleure chance des anti-Trump de voir ce dernier rater sa dernière chance de retrouver la fonction suprême est que Ron DeSantis, son adversaire parmi les républicains, lui vole l’investiture en 2024.
F. M.

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