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mardi 3 août 2021

Exemplarité

François Hollande qui promettait une présidence exemplaire durant sa campagne présidentielle de 2012, qui devait trancher avec le mandat jalonné de scandales de Nicolas Sarkozy, aura fini par avoir un quinquennat perturbé par les multiples problèmes judiciaires de ses ministres et proches collaborateurs. A son tour, Emmanuel Macron avait alors fait de l’exemplarité un cheval de batail durant sa campagne présidentielle de 2017. Mais une fois encore, le mandat du président marcheur a été plus catastrophique à ce niveau-là que celui de ses prédécesseurs. Les personnalités de son entourage ou de son gouvernement à être au cœur de scandales ou visées par la justice ne se comptant même plus. Le dernier en date n’est autre que son ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, qui malgré sa mise en examen pour prise illégale d’intérêts cette semaine a affirmé être «plus que jamais déterminé» à rester à ses fonctions. «Je suis plus que jamais déterminé à être pleinement ministre de la Justice (…) Rien n’entamera ma détermination, je suis extrêmement serein. Ma légitimité, je la tiens du président de la République et du Premier ministre», a-t-il déclaré en marge d’un déplacement à Beauvais sur le déploiement de téléphones «grave danger» pour les victimes de violences conjugales. «En tant que justiciable, j’ai comme tout le monde des avocats qui feront valoir mes droits et en tant que ministre, je suis à cent pour cent dans la tâche qui est la mienne», a-t-il ajouté. A l’issue de près de six heures d’interrogatoire par la commission d’instruction de la Cour de justice de la République, seule juridiction habilitée à poursuivre et juger des ministres pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions, Eric Dupond-Moretti a été mis en examen vendredi dernier pour prise illégale d’intérêts, sans contrôle judiciaire. Dans cette affaire, le ministre est soupçonné d’avoir profité de sa fonction pour régler ses comptes avec des magistrats avec lesquels il avait eu maille à partir quand il était avocat, ce qu’il réfute. «On me reproche d’avoir saisi l’Inspection générale de la justice composée de magistrats indépendants à la suite de procédures initiées par ma prédécesseure Nicole Belloubet», s’est-il défendu. «Avant de saisir l’Inspection générale de la justice, j’ai consulté mes services et en particulier le bureau de déontologie des services judiciaires qui m’a demandé de saisir l’Inspection générale de la justice, ce que j’ai fait», a-t-il encore insisté, ajoutant que «l’un des plus hauts magistrats de ce pays, le procureur général (François Molins), nous a également demandé de saisir l’Inspection générale de la justice». il est à noter, par ailleurs, que le président du Sénat (LR), Gérard Larche, «ne souhaite pas» la démission du garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, estimant que la décision relève du seul président de la République. «Je rappelle que la mise en examen ne lève pas la présomption d’innocence». Reste à voir donc ce que décidera Emmanuel Macron qui à moins de neuf mois des élections présidentielle de 2022 prend un risque en continuant à soutenir un ministre, surtout le garde des Sceaux, visé par la justice et qui a déjà défrayé la chronique il y a peu à cause de ses problèmes avec les impôts, l’ancien avocat ayant oublié de déclarer 300 000 euros. L’exemplarité dont il se targuait il y a quatre ans a quitté le navire il y a bien longtemps et aujourd’hui le président français semble plus soucieux de garder près de lui ses alliés que la confiance des Français.

F. M.

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