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lundi 20 mai 2024

Exécutions

Alors qu’en début de mois les iraniens étaient appelés à voter pour renouveler pour quatre ans les membres du parlement, le Madjles, les chiffres des exécutions opérées par l’exécutif en 2023 étaient publiés faisant état d’une hausse alarmante de mise à mort comparée à l’année précédente.   L’Iran a en effet exécuté au moins 834 personnes en 2023, soit une augmentation de 43 % par rapport à 2022 et le chiffre le plus haut depuis 2015, selon le rapport annuel des ONG Iran Human Rights et Ensemble contre la peine de mort. « Le nombre d’exécutions a littéralement explosé en 2023 », souligne ce 16e rapport des ONG sur la peine de mort en Iran. « C’est la seconde fois en 20 ans que le nombre d’exécutions dépasse le seuil de 800 par an », font valoir ces organisations, qui dénoncent un chiffre « effroyable ». Les exécutions en Iran, un des pays qui a le plus recours le plus avec la Chine et l’Arabie saoudite, s’effectuent par pendaison-strangulation. En 2023, au moins 22 femmes ont été exécutées dans la République islamique d’Iran, le nombre le plus élevé de ces dix dernières années, rapportent ces ONG. En 2015, les autorités iraniennes avaient procédé à l’exécution de 972 personnes, rappelle Iran Human Rights (IHRNGO), basé en Norvège, et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), basé à Paris. Dans ce rapport de 100 pages, ces ONG accusent l’Iran de recourir à la peine de mort comme un « outil de répression politique » après le vaste mouvement de contestation dans ce pays. Ce mouvement a été déclenché par la mort en septembre 2022 de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, trois jours après avoir son arrestation par la police des mœurs pour un voile mal ajusté. Sa famille et les militants des droits humains soutiennent qu’elle a été battue à mort, ce que réfutent les responsables iraniens. Les manifestations, qui avaient secoué pendant plusieurs semaines le régime de la République islamique, se sont désormais calmées face à une répression qui a entraîné la mort de centaines de personnes d’après des associations de défense des droits, et des milliers d’arrestations selon l’ONU. « Instiller la peur dans la société est le seul moyen pour le régime de s’accrocher au pouvoir, et la peine de mort est son instrument le plus important », dénonce Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur d’IHRNGO, dans un communiqué. Le rapport n’inclut pas dans ses statistiques les « 551 personnes, au moins, tuées lors des manifestations ou d’autres exécutions extrajudiciaires à l’intérieur et à l’extérieur des prisons », relève le communiqué. Selon ces ONG, au moins huit manifestants figurent au nombre des personnes exécutées en 2023, dont six avaient été arrêtées dans le contexte des manifestations et condamnées. Selon le rapport, au moins 471 personnes (56 % du total des exécutions) ont été exécutées pour des affaires liées à la drogue – soit plus de 18 fois que le chiffre enregistré en 2020 – et au moins 282 personnes (34 % du total des exécutions) ont été exécutées pour meurtre. L’Iran, qui affiche l’un des taux les plus élevés au monde de consommateurs d’opiacés, est une des principales voies d’acheminement vers l’Europe et le Moyen-Orient de drogues en provenance de l’Afghanistan voisin. Ainsi la république islamique continue d’user et d’abuser de la violence légale pour asseoir son autorité et s’assurer de la pérennité de son régime. Toutefois, des soulèvements comme ceux qu’a connu le pays au dernier trimestre de l’année 2022 sont voués à se répéter et le peuple, écrasé par un totalitarisme absolutiste, est voué à tenter, encore et toujours, de recouvrer sa liberté.

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