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jeudi 25 avril 2024

Évidence

Donald Trump ne semble pas avoir besoin de faire beaucoup d’efforts pour convaincre le public américain du déclin cognitif du président américain en exercice, Joe Biden. Un déclin qui a commencé il y a plusieurs années déjà ; certains alertant sur l’état du démocrate dès 2012. Pourtant, huit ans plus tard, l’ex-vice-président de Barack Obama allait, faute d’autre candidat crédible, se lancer dans les primaires démocrates et affronter le président sortant républicain, Donald Trump, lors de la présidentielle de 2020. Mais en quatre ans, la santé mentale du chef d’État démocrate s’est détériorée de façon dramatique et seuls ses équipes et ses supporters les plus fervents peuvent continuer à nier l’évidence. Cette semaine encore, lors d’un discours sur la situation au Proche-Orient, Biden s’est emmêlé les pinceaux. Devant la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qu’il recevait à la Maison-Blanche, le président américain a ainsi évoqué la nécessité d’acheminer «de la nourriture et des fournitures supplémentaires à l’Ukraine», et de «chercher à ouvrir d’autres voies» de ravitaillement vers ce même pays. Biden ne s’est pas rendu compte de son erreur, mais son équipe s’est chargée de corriger ses propos dans le compte rendu écrit qui a suivi sa déclaration. Le dirigeant voulait en fait parler de «largages aériens» sur Ghaza, en collaboration avec la Jordanie, et de l’ouverture hypothétique d’un «corridor maritime» vers l’enclave assiégée par l’armée israélienne. Coutumier des bourdes en public, Joe Biden a enchaîné les confusions plus préoccupantes ces dernières semaines. Il a notamment confondu Emmanuel Macron et François Mitterrand, et jugé que ce dernier était le président allemand. Plus tard, il a évoqué une conversation qu’il aurait eue en 2021 avec l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl… décédé en 2017. Les bourdes passées de celui qui se surnommait lui-même la «machine à gaffes» ont parfois prêté à sourire. Mais depuis le début de son mandat, ses déclarations parfois lunaires inquiètent et interrogent sur son état de santé mentale, notamment en raison de son âge avancé. Le chef d’État, qui briguera en novembre un second mandat à l’âge de 81 ans, a tenu à organiser une conférence de presse à la Maison-Blanche ce jeudi afin de réfuter les allégations sur la dégradation de ses facultés mentales. Il n’a fait qu’empirer la situation, en désignant le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi comme «le président du Mexique». Mercredi 28 janvier, le président américain a passé son examen annuel de santé, lors duquel il a été déclaré «apte» à être président. La Maison-Blanche a indiqué qu’un test cognitif n’avait pas été jugé nécessaire, selon son médecin. Donald Trump, son très probable adversaire en novembre prochain, a sauté sur l’occasion en lui demandant de se soumettre à un tel test. «Peut-être qu’avec ça on pourra voir pourquoi il prend des décisions aussi terribles», a-t-il cinglé sur son réseau Truth Social. Toutefois, l’ex-président américain n’insiste pas trop sur cette thématique, préférant laisser l’état de Biden parler pour lui-même, plutôt que d’en faire le centre de sa campagne, comme il l’avait fait lors de sa campagne de 2020 qui s’est soldée par un échec. Du côté démocrate, l’on a de plus en plus de mal à nier la réalité de l’état de leur candidat et un schisme commence à apparaître parmi les progressistes, certains s’inquiétant d’un deuxième mandat avec un président encore plus diminué. Au final, les électeurs américains seront ceux qui auront le dernier mot en novembre prochain, en espérant que cette fois-ci les résultats soient assez clairs pour ne pas créer de nouveaux doutes sur l’issue du vote comme en 2020.

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