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vendredi 19 août 2022

Éviction

Après avoir perdu et souri en serrant les dents, le président français Emmanuel Macron a finalement procédé au remaniement ministériel qui était attendu après son incapacité à obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Un remaniement qui aura aussi été l’occasion pour le président Macron de se débarrasser d’une prise de guerre devenue encombrante, Damien Abad, ex-président des députés Les Républicains au Parlement. Après le départ ce lundi de l’ex-membre du gouvernement, accusé de tentative de viol, la Premier ministre est sortie du silence dans les colonnes de «Elle». Dans un entretien paru hier, Élisabeth Borne s’est exprimée sur cette embarrassante affaire pour l’exécutif. Pour la Premier ministre, il est «essentiel» que la parole des femmes se libère, mais «la recherche des responsabilités» reste l’apanage de la justice. «Hors du gouvernement, Damien Abad pourra se défendre et la justice pourra faire son travail sereinement», a commenté la Cheffe du gouvernement, qui avait affirmé en mai ne pas avoir été au courant des accusations avant la nomination de l’ex-ministre. Démis de ses fonctions, Damien Abad a fustigé dans la foulée «des calomnies ignobles», «redoutable arme politique dans les mains d’esprits malveillants». «Je me défendrai sans relâche jusqu’à ce que la justice confirme mon innocence», a-t-il ajouté lors de sa passation de pouvoirs avec son successeur Jean-Christophe Combe, remerciant au passage Emmanuel Macron pour la «confiance» qu’il lui a témoignée «depuis le début». De son côté, Élisabeth Borne a invoqué un devoir d’exemplarité des membres du gouvernement. «Je pense que l’on n’attend pas simplement des hommes politiques ou des responsables qu’ils ne soient pas pénalement répréhensibles. On attend d’eux qu’ils soient exemplaires», a-t-elle estimé dans les colonnes du magazine «Elle», reconnaissant que le sujet est «compliqué». Et d’ajouter : «Dans le champ de ce qui n’est pas pénalement répréhensible, il y a des comportements que l’on n’a pas envie de voir». La nomination de Damien Abad s’est muée en polémique dès le lendemain de son entrée au gouvernement. Mediapart a relaté des accusations de viols à son encontre, datant de 2010 et 2011. À noter que des plaintes concernant le député, aisément réélu dans sa circonscription de l’Ain en juin dernier, ont été classées en 2012 puis 2017. Le dépôt d’une plainte la semaine dernière, entraînant l’ouverture d’une enquête préliminaire pour tentative de viol, a scellé son départ. «Les conditions de sérénité n’étaient plus présentes», a résumé Olivier Véran, fraîchement nommé porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres. Ainsi, le président et son équipe, qui avaient pourtant témoigné de leur confiance à Abad à de nombreuses reprises, ont préféré se débarrasser de ce personnage encombrant en utilisant l’excuse d’un remaniement que pourtant l’Élysée semblait réticent à opérer. Surtout que Abad n’est pas le seul au sein du gouvernement à faire face à de telles accusations, Gerald Darmanin, le ministre de l’Intérieur lui-même, étant visé par des accusations du même ordre. Mais ce dernier a vu ses pouvoirs élargis à la suite du remaniement, alors que Abad a été remercié. F. M.

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