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lundi 25 octobre 2021

États-Unis: Ouverture du procès de Trump

Les procureurs démocrates ont fait revivre mardi à l’Amérique les violences du Capitole, vidéo choc à l’appui, lors du premier jour du procès de Donald Trump, mais ils se sont attirés les mises en garde des avocats de l’ex-président sur les profondes divisions du pays.
Vivant désormais en Floride, le milliardaire ne témoignera pas. Et il fait peu de doute qu’il sera, à son terme, acquitté grâce au soutien encore fort chez les républicains.
Un vote mardi soir sur une question de constitutionnalité a ainsi montré qu’il serait très difficile pour les procureurs démocrates d’atteindre une majorité des deux tiers pour le condamner.
Mais ils sont apparus d’emblée décidés à remettre en mémoire des 100 sénateurs qui font office de jurés mais aussi, au-delà, des Américains, la violence de cette journée du 6 janvier qui s’est soldée par des morts et restera dans l’Histoire.
Accusé d’«incitation à l’insurrection», Donald Trump s’est rendu coupable d’«un délit constitutionnel effroyable», a lancé le chef des «procureurs» démocrates, Jamie Raskin, dans le même hémicycle du Sénat où s’étaient précipités les manifestants pro-Trump le jour de la certification des résultats de l’élection présidentielle.
«Ce procès, une instrumentalisation politique, va déchirer les États-Unis», a rétorqué un avocat du 45e président des États-Unis, David Schoen. Car «de nombreux Américains le voient pour ce qu’il est : une tentative par un groupe de politiciens d’écarter Donald Trump de la vie politique».
Derrière cette intention, «la peur que les Américains le réélisent en 2024», a affirmé son autre avocat, Bruce Castor.
En ouverture de leur réquisitoire, les démocrates ont diffusé une longue vidéo choc, mettant en perspective des séquences menant vers l’attaque sanglante :- Le discours de Donald Trump appelant ses milliers de partisans à manifester vers le Capitole, siège du Congrès. «Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles», avait-il lancé à la foule chauffée à blanc.
– L’ouverture empreinte de solennité des séances parlementaires pour certifier la victoire de son rival à la présidentielle Joe Biden.
– Et les images des manifestants entrant de force au Capitole, arpentant ses couloirs pendant que les élus, et le vice-président Mike Pence, étaient évacués du Sénat ou se terraient dans les galeries de la Chambre des représentants.
Tout en rappelant que deux heures plus tard, Donald Trump avait tweeté une vidéo martelant encore, sans preuve, que l’élection était une «fraude». S’il appelait les manifestants à rentrer chez eux, il ajoutait : «Nous vous aimons».
«Si ces faits, concrets et solides, ne sont pas passibles d’une procédure de destitution, alors rien ne l’est», a conclu le député Jamie Raskin, dans un discours très ému.
Situation inédite, les sénateurs qui font office de jurés furent aussi les victimes de l’attaque. Un point que les «procureurs» démocrates ont souligné.
«Les présidents ne peuvent pas alimenter une insurrection dans leurs dernières semaines (de mandat) puis partir comme si de rien n’était», a insisté un autre démocrate, Joe Neguse, en réponse à l’argument principal de la défense.

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