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lundi 4 mars 2024

Etats-Unis, le procès perdu d’avance

Mitch McConnell, le leader républicain au Sénat, n’a surpris personne en votant, comme 43 de ses pairs sur un total de 50, pour l’acquittement de Donald Trump au terme d’un procès en destitution qui n’aura duré que quatre jours, au grand dam des démocrates qui auraient voulu le faire tirer en longueur, et d’abord pour sauver les apparences. Ou, ce qui revient au même, pour donner le sentiment que la partie était du moins serrée même si à la fin elle ne s’était pas soldée à leur avantage. McConnell n’aurait pas pris non plus personne au dépourvu s’il avait voté comme 7 autres républicains pour la condamnation de Trump, tant il avait paru auparavant convaincu de sa responsabilité dans l’envahissement du Capitole par une foule de ses partisans un certain 6 janvier. Mais par contre il a étonné à la fois républicains et démocrates en se prononçant pour son acquittement après avoir soutenu que sa culpabilité était évidente. Il a cru justifier une telle position en faisant remarquer qu’à tout prendre Trump pourrait être traduit devant une juridiction ordinaire pour répondre de ses actes. Les démocrates, qui comptaient beaucoup sur lui pour obtenir les 17 voix qui leur manquaient pour faire condamner Trump, y ont vu une façon plutôt tortueuse d’appeler ceux de ses pairs en proie à l’hésitation à prendre exemple sur lui, lui aux yeux de qui Trump était clairement coupable.

Au lieu de leur dire tout simplement soyez pour l’acquittement car tel est l’intérêt certain de votre camp sinon celui de l’Amérique, ce qui peut-être n’aurait pas suffi en l’occurrence, les faits ne laissant pas de place ni au doute ni à l’équivoque, il leur a dépeint en des termes bien plus expressifs le danger qu’il y a à destituer un président qui n’est plus en fonction. Les démocrates, de leur côté, ont tenu à faire un procès qu’ils ne pouvaient que perdre. C’est d’ailleurs le deuxième du genre qu’ils font à la même personne. Les motifs du second sont d’une tout autre nature que ceux du premier. Ils paraissent maintenant futiles par rapport à ceux du deuxième. Ils n’auraient pas fait le premier, qu’ils avaient encore moins de chance de remporter, vu qu’alors la majorité au Sénat était républicaine, ils auraient peut-être eu plus de chance de faire aboutir le deuxième. Mais ils avaient dès l’élection de Trump en 2016 cherché à le destituer, et cela avant même qu’il se soit rendu coupable de quoi que ce soit, son seul crime, il est vrai impardonnable à leurs yeux, étant qu’il avait vaincu leur candidate, Hillary Clinton. Si bien que lorsqu’était devenu d’une importance capitale non plus seulement pour eux mais pour la stabilité politique des Etats-Unis de le faire condamner, ils avaient déjà abusé du procédé. Ils n’avaient pas cessé en effet quatre années durant de poursuivre le même objectif qui est de le faire destituer. Leur acharnement les a desservis quand cette destitution est devenue un acte salutaire aussi bien pour eux que pour leur pays. La polarisation politique de ces années Trump a évolué en crise politique. Même sa condamnation n’y aurait rien changé. Il serait reparti en campagne de toute façon, car il n’est pas aujourd’hui le même homme qu’en arrivant au pouvoir en 2016. Il n’était qu’un anti-establishment de droite alors. Un populiste comme on disait. Il est aujourd’hui le leader politique de l’extrême droite rassemblée derrière lui. C’est elle qui sur son appel à fait irruption dans le Capitole le 6 janvier.

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