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mardi 28 septembre 2021

États-Unis : Biden reçoit le président afghan pour évoquer le retrait américain

Le Président américain, Joe Biden, reçoit cette semaine son homologue afghan, Ashraf Ghani, pour évoquer l’avenir de l’Afghanistan, au moment où le retrait en cours des troupes américaines ouvre une période d’immense incertitude.

Par Mourad M.

Objectif affiché de la Maison-Blanche : travailler étroitement avec le gouvernement de Kaboul pour s’assurer que l’Afghanistan «ne redevienne jamais un refuge pour des groupes terroristes qui représentent une menace pour le territoire américain».
Mais les questions sont nombreuses et vertigineuses : les talibans s’empareront-ils de Kaboul après le départ des derniers soldats occidentaux ? Comment la sécurité des diplomates occidentaux – et de l’aéroport de la capitale – sera-t-elle assurée ? Que deviendront les milliers d’Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines comme interprètes ?
Les deux dirigeants doivent se retrouver dans le Bureau ovale pour évoquer ces dossiers épineux. Fait notable : aucune conférence de presse n’est prévue à l’issue de la rencontre.
Joe Biden a décidé en avril de retirer les 2 500 militaires américains encore présents en Afghanistan.
Il a fixé comme date-butoir le 11 septembre, date du 20e anniversaire des attentats ayant conduit Washington à renverser le régime des talibans qui abritaient les jihadistes d’Al-Qaïda.
Washington martèle sa volonté de continuer à «soutenir le peuple afghan».
Jeudi, la Maison-Blanche a annoncé l’envoi de trois millions de doses de vaccin Johnson & Johnson pour aider le pays à faire face à la pandémie de Covid-19.
Mais nombre d’élus et d’experts redoutent que les insurgés ne reprennent le contrôle du pays et imposent un régime fondamentaliste proche de celui qu’ils avaient mis en place entre 1996 et 2001.
De surcroit, Ashraf Ghani apparaît de plus en plus isolé. «Il n’écoute plus que trois ou quatre personnes, dont son chef de cabinet, son conseiller à la sécurité nationale et bien sûr son épouse», assure, sous couvert d’anonymat, un diplomate occidental à Kaboul, décrivant un homme qui «se méfie de tout le monde». «Ghani n’a pas beaucoup de légitimité dans son pays et a plus que jamais besoin de reconnaissance internationale», résume Andrew Watkins, de l’International Crisis Group.
S’il espère toujours convaincre les talibans d’accepter un rôle dans un gouvernement intérimaire d’union nationale, les insurgés, encouragés par leurs succès militaires, semblent peu enclins à négocier.
Le retrait américain a été jusqu’ici mené tambour battant, alimentant les spéculations sur son achèvement dès juillet, bien avant la date-butoir du 11 septembre.
Le sort des quelque 18 000 Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines, qui redoutent des représailles si les talibans reviennent au pouvoir à Kaboul, fait l’objet d’une attention particulière à Washington.
«Nous n’abandonnerons pas ceux qui nous ont aidés», a assuré jeudi Joe Biden.
Ces Afghans espèrent décrocher un visa d’immigration vers les États-Unis, mais les procédures sont lourdes et longues.
La Maison-Blanche a indiqué qu’elle envisageait d’évacuer certains d’entre eux avant le retrait complet des troupes afin qu’ils soient en sécurité pendant la période d’examen de leur demande de visa.
Mais nombre de détails restent à régler : ni le nombre de personnes concernées ni leur destination n’ont à ce stade été précisés. L’île de Guam, dans le Pacifique, fait partie des hypothèses évoquées ces dernières semaines par des élus et des organisations de défense des droits humains.
Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah, négociateur en chef du gouvernement dans les pourparlers avec les talibans, sont arrivés jeudi à Washington et ont rencontré des membres du Congrès.
Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a déploré, après cette rencontre, la décision de Joe Biden, espérant que le retrait des troupes américaines soit retardé.
«Les talibans, enhardis par notre retraite, vont revenir sur des années de progrès, en particulier pour les droits des femmes afghanes», a-t-il déploré, redoutant les conséquences «tragiques» de la possible chute de Kaboul peu après le départ des derniers soldats américains.
 M. M.

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