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mardi 27 septembre 2022

Etat des CHU en Algérie : Benbouzid livre son constat sur une réalité amère

Le premier responsable du secteur de la Santé dresse un constat en forme de tableau noir sur nos hôpitaux, réalité au demeurant bien connue des citoyens. Les CHU sont vétustes et complètement limités, au regard des normes et des exigences de la médecine moderne.

Par Louisa A.R.

En plus de leur vétusté, les hôpitaux sont dépassés par les technologies de la médecine moderne et ne répondent plus aux nouvelles normes de sécurité. Leur réhabilitation a coûté à l’Etat des sommes faramineuses sans pour autant améliorer la qualité du service. Invité de la Radio nationale, le ministre de la santé, Abderrahmane Benbouzid, a précisé que «la pandémie du virus corona a touché tous les secteurs, y compris le secteur de la Santé et qu’une situation a été diagnostiquée, qui a montré que la plupart des hôpitaux universitaires sont vétustes et actuellement inadaptés à la médecine moderne». Pour améliorer la situation du secteur, le ministre a annoncé qu’«il y a des études pour établir un pôle de santé moderne». En conséquence, il a souligné que l’année 2022 sera l’année des réformes dans le secteur de la Santé, annonçant la création de l’Agence nationale pour la numérisation du secteur de la Santé, qui améliorera les services de santé pour les patients.
Le ministre a ajouté que la numérisation facilitera la tâche des travailleurs de la santé et la qualité des services fournis aux citoyens et permettra aux médecins de suivre les dossiers et les données des patients depuis n’importe quel hôpital. Cette agence aura son siège à Alger et sera gratuite et indépendante, et sa fonction première sera de surveiller et de gérer le secteur de la Santé, a souligné encore le ministre.

Pour un service entièrement dédié à la greffe d’organes
Le président de la Société de néphrologie, de dialysés et de transplantation a exprimé son souhait de voir que le nouvel hôpital, dont la création vient
d’être annoncée en Conseil des ministres, puisse comprendre un service entièrement dédié à la greffe des différents organes. Invité de la rédaction de la Chaine 3 de la Radio nationale, le Professeur Tahar Rayane a tiré pour la énième fois la sonnette d’alarme sur le ralentissement de l’activité de l’Agence nationale de greffe d’organes, quasiment «en hibernation depuis deux ans».
«Les prérogatives de l’Agence sont au nombre de 18 et les plus importantes ne sont pas assurées, telles que la constitution du registre des donneurs et l’informatisation des centres d’hémodialyse», a déploré le Professeur. Selon lui, le nombre de transplantations diminue d’année en année. On est passé de près de 300 greffes en 2018, à 50 depuis 2019. Pour le premier trimestre de cette année, les interventions se comptent sur les doigts d’une seule main, alors qu’il y a près de 15 000 patients en liste d’attente. L’Algérie compte pas moins de 26 000 patients déjà hémodialysés et quelque 5 millions de personnes atteintes du diabète, dont les complications pourraient éventuellement évoluer en insuffisance rénale et la greffe demeure la seule solution pouvant alléger les souffrances des malades. C’est dire l’importance de développer la pratique de la greffe rénale en particulier et celle des autres organes en général, a ajouté le Professeur Rayane, déplorant que l’Agence nationale de transplantation d’organes, qui a été créée en 2012 et est fonctionnelle depuis 2014, ne s’est pas réunie depuis deux ans, et que «le Covid ne peut pas tout expliquer». Pour le Professeur, «il y a un problème de casting et les équipes chirurgicales qui fonctionnaient correctement ont été déstabilisées».
L. A.R.

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