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mercredi 8 février 2023

Établissement des cahiers des charges dans les zones d’activités et terrains industriels: Saida Neghza souhaite une implication véritable du patronat

Développer l’investissement local et étranger est le cheval de bataille de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA) ayant contribué à l’élaboration de propositions visant à booster l’investissement et développer l’économie. L’organisation patronale, dont la cheffe est l’infatigable femme d’affaires Saida Neghza, continue à plaider en faveur de l’investissement et appelle à plus d’assouplissements des procédures pour faciliter l’acte d’investir et encourager les jeunes à se lancer sans crainte dans ce créneau. Saida Neghza, qui relève l’importance d’encourager l’investissement au niveau national dont la finalité est d’impulser une nouvelle dynamique au développement socio-économique, est revenue dans cet entretien sur le travail accompli jusque-là pour encourager l’investissement en Algérie ainsi que les mesures prises pour rendre le rêve des jeunes entrepreneurs possible. Elle plaide également pour une plus grande participation du patronat dans l’établissement des différents cahiers des charges.

Entretien réalisé par Louisa Ait Ramdane

** Le Jour d’Algérie : Quelles sont les propositions de la CGEA pour booster l’investissement ?
Saida Neghza : La Confédération générale des entreprises algériennes apprécie toutes les réformes et les changements apportés sur la batterie des textes réglementaires régissant l’économie en général et l’investissement en particulier, sous l’impulsion de Monsieur le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Les textes fondamentaux ont été promulgués, nous attendons que les textes d’application soient accompagnés d’une vaste campagne de vulgarisation, suivie d’une application rigoureuse sur le terrain. Un dialogue social large et une implication véritable du patronat sont nécessaires, tant au plan central que local.
Une plus grande participation du patronat dans l’établissement des différents cahiers des charges, dans les zones d’activités, les terrains industriels, est souhaitable.
Comme nous appelons à une plus grande transparence et communication à travers les différents supports, et à une célérité dans le traitement des dossiers et du temps de réponse.

** Que pense la CGEA de la démarche de l’Etat en changeant l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI) par l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) ?
Nous espérons que l’AAPI, relevant désormais du Premier ministère, puisse jouir d’une plus grande autonomie dans l’étude des dossiers d’investissement et traiter les dossiers plus rapidement, en veillant à la règle de priorité à l’outil de production national. L’AAPI est attendue également sur le volet accompagnement des opérateurs souhaitant investir à l’étranger, notamment en Afrique. Les opportunités sont multiples et l’orientation économique du pays insufflée par le président de la République, avec l’ouverture de lignes maritime et aérienne, la mise en place d’une diplomatie économique et la mission de promotion des exportations confiée au département du Commerce, plaident pour une stratégie plus optimiste et offensive.

** Que pense votre organisation du nouveau code de l’investissement ?
Le code de l’investissement a suscité un engouement et un optimisme certains. Les investisseurs étrangers scrutent de très près le marché national mais attendent que les discours soient traduits sur le terrain. J’ai plusieurs investisseurs, notamment des pays arabes, qui souhaitent réaliser des projets stratégiques en agriculture et en agroalimentaire. Ils ont été reçus favorablement par M. le ministre de l’Agriculture et du Développement rural et par certains walis, mais ils n’ont pas encore connu de concrétisation.

** A travers les nouvelles mesures, quels sont les signaux envoyés aux investisseurs étrangers ?
L’investissement étranger est très bénéfique pour le pays à travers le sang neuf qu’il injecte et la technicité et le savoir-faire qu’il apporte.

** Quel est le constat de la CGEA quant au travail accompli jusque-là pour encourager l’investissement?
Le travail est appréciable mais force est de constater que je reçois encore régulièrement des opérateurs économiques qui peinent à faire aboutir leurs projets d’investissement. Nous souhaitons qu’un travail d’amélioration et d’ajustement soit maintenu pour apporter les correctifs nécessaires et s’adapter aux situations du terrain.

** Comment peut-on en finir avec les quelques entraves bureaucratiques qui subsistent malgré la volonté politique affichée par l’État ?
La bureaucratie est un dangereux fléau qui menace notre économie. La coercition est évidemment nécessaire mais un travail sur la formation, la réforme des systèmes d’évaluation et de promotion des cadres est aussi important, ainsi que la dotation des différentes structures existantes de toutes leurs compétences, à l’instar du CNESE, du Conseil de la concurrence, des Autorités de régulation… etc.

** Quel est le moral des hommes d’affaires de la CGEA après le déblocage de centaines de projets, sachant que ce dossier a été suivi par le Président à chaque Conseil des ministres ?
Nous remercions notre président qui a eu la clairvoyance de faire débloquer les projets qui souffraient parfois de simples documents, à cause de la bureaucratie ou de la rigidité aux antipodes de l’entrepreneuriat et de l’acte d’investir. Ces déblocages sont bien accueillis mais il faut reconnaître que beaucoup de dossiers dorment encore dans des tiroirs. Les hommes d’affaires sont confrontés à des situations très difficiles. Ils ont été rudement impactés par le Covid 19 et espèrent que les banques et le gouvernement tiennent compte de cette donne et de toutes ces contraintes. L’application aveugle des pénalités est contre-productive. Les prémices positives sont là mais doivent être confortées pour avoir un impact sur le moral des hommes d’affaires.

L. A. R.

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