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vendredi 19 août 2022

Et si le mandat de Joe Biden ne durait que deux ans ?

En principe le président des Etats-Unis est élu pour quatre ans ; dans le fait, il ne dirige vraiment le pays que pendant les deux premières années de son mandat, au cours desquelles en général son camp est majoritaire au Congrès. La règle en effet est que le parti dont provient le président perd les élections de mi-mandat, perdant au moins le soutien d’une des deux chambres, quand ce n’est pas d’un seul coup des deux à la fois. Cette redistribution des cartes survient le 2 novembre, le jour des élections partielles régulières, du poste de gouverneur à celui de sheriff, en plus des plus décisives pour le mandat présidentiel courant qui sont celles de mi-mandat. Dans un système politique fédéral où l’on vote quasiment sans arrêt, les majorités au double échelon local et fédéral ne durent jamais bien longtemps. A la façon dont cela se présente, le plein mandat de Joe Biden prendra fin dès le 2 novembre de l’année prochaine. Au-delà, il risque d’être plus le locataire de la Maison- Blanche que le président des Etats-Unis. A moins bien sûr que les démocrates ne créent la surprise en remportant les élections de mi-mandat, au mépris de la règle, pas toujours respectée, qui veut qu’ils les perdent justement.

De là sans doute la hâte de Joe Biden de transformer en lois les deux pièces maîtresses de son programme : les dépenses en matières d’infrastructures, et celles dites sociales, mais qui comportent une dimension de lutte contre le réchauffement climatique, et une autre de nature fiscale, donnant lieu à une hausse de la taxation des entreprises. La loi relative aux infrastructures vient d’être adoptée par la Chambre des représentants, elle qui l’avait déjà été par le Sénat. Des deux lois en question, elle est la plus consensuelle, le délabrement des infrastructures, routières en particulier, étant particulièrement criant dans la première économie au monde, ou qui du moins passe pour telle. Les sénateurs républicains n’ont soulevé des objections à son propos que pour la forme. Pour autant, ce ne fut pas sans mal qu’elle est passée à la Chambre, où pourtant les démocrates sont majoritaires. L’opposition la plus forte qu’elle a rencontrée, ce fut au sein même des démocrates, non pas tant pour elle-même que par rapport à la deuxième loi, qui elle en revanche ne fait consensus dans aucun des camps. Les démocrates sont divisés en deux ailes bien distinctes, l’une de droite et l’autre de gauche, qui n’ont en commun que leur rejet du parti républicain converti au trumpisme. Ce qui les unit, c’est beaucoup moins un programme que le spectre de la réélection de Donald Trump, dont tout indique en effet qu’il sera candidat à la prochaine présidentielle. La gauche du parti a conditionné son vote sur la loi des infrastructures à celui de la loi sur les dépenses sociales, dans la crainte que celle-ci ne soit révisée à la baisse, conformément aux vœux de deux sénateurs démocrates qui la trouvent trop coûteuse, c’est-à-dire trop à gauche, et qui pour cela menacent de voter contre elle le moment venu. Le Sénat est coupé en deux, 50 sénateurs démocrates pour 50 sénateurs républicains. Dans ces conditions, toute défection démocrate aurait pour conséquence le rejet de la loi. Il se trouve que la gauche démocrate, travaillée au corps à la fois par la Maison-Blanche et par Nancy Pelosi la présidente de la Chambre, a fini par voter la loi sur les infrastructures sans s’être assurée préalablement que la loi sociale et climatique allait passer sans connaître une nouvelle réduction dans ses dépenses.

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