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mercredi 7 décembre 2022

Essais

Quelques jours après avoir annoncé que l’Iran n’était pas intéressé par un retour des Américains dans l’Accord sur le nucléaire, après ce qui devait être une main tendue de Joe Biden, qui laissait entendre qu’il envisageait très sérieusement de renouer avec ce traité historique signé par Barack Obama, les autorités iraniennes assurent qu’elles refuseront d’importer des vaccins britanniques ou américains, tandis que Cuba peine à tester son vaccin en raison de la faible prévalence du virus sur son territoire. Téhéran a en effet choisi d’ouvrir la voie à l’acquisition d’un vaccin fabriqué par son allié cubain, qui va tester en Iran l’efficacité de Soberana 02, son candidat vaccin le plus avancé. Le directeur de l’Institut de vaccination Finlay (IFV) qui développe le vaccin, Vicente Vérez Bencomo, avait évoqué des négociations en cours pour développer la phase 3 des essais cliniques de Soberana 02 dans d’autres pays en raison de la faible prévalence du Covid-19 dans la population cubaine. L’IFV, géré par l’État, et l’Institut Pasteur d’Iran ont signé un accord à La Havane qui permettra «l’achèvement des preuves cliniques du candidat vaccin Soberana 02» et «de rapides progrès dans les deux pays dans l’immunisation contre le Covid-19», a annoncé l’IFV sur son compte Twitter. L’annonce de la signature de l’accord entre l’Iran et Cuba survient au lendemain d’un tweet du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans lequel il déclare «interdit d’importer des vaccins faits aux États-Unis ou au Royaume-Uni». «On ne peut absolument pas leur faire confiance. Il n’est pas impossible qu’ils veuillent contaminer d’autres nations», a écrit Ali Khamenei dont le message a ensuite été supprimé par Twitter, considérant qu’il violait ses règles. Soberana 02 est le projet de vaccin contre le SARS-CoV-2 le plus avancé sur lequel travaillent les scientifiques du Centre d’ingénierie génétique et de biotechnologie, l’autre étant Soberana 01. Fin décembre, le directeur de l’IFV, Vicente Vérez Bencomo, avait indiqué vouloir entamer en janvier la phase 3 des tests de ses candidats vaccins avec la participation de 150 000 volontaires à La Havane. Il avait en outre annoncé que Cuba serait en mesure de vacciner toute sa population avec son propre vaccin contre le Covid-19 au cours du premier semestre 2021. Bien qu’une résurgence du nombre de cas soit actuellement constatée en raison d’une ouverture des frontières, Cuba semble contrôler la pandémie et comptabilisait cette semaine 14 188 cas et 148 décès, un chiffre infiniment inférieur à celui de grand nombre de pays voisins. Reste à voir ainsi si le pari iranien sera payant, surtout que la République islamique a enregistré plus de 56 000 morts et plus de 1 300 000 cas. La crise sanitaire en Iran a d’ailleurs eu un fort effet aggravant sur la crise économique qui frappe le pays depuis 2018 et qui a donné l’occasion aux autorités de limiter fortement les déplacements et d’endiguer les foyers de contestation de se reconstituer.

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