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jeudi 25 avril 2024

Environnement

Cela fait déjà presque cinq mois que les rebelles houthis du Yémen sabotent des dizaines de navires passant sur les routes maritimes près de leurs côtes pour protester contre l’offensive israélienne à Ghaza. Or, la dernière cible navale des combattants yéménites était chargée d’intrants à base de sulfate d’ammonium, suscitant des craintes quant aux conséquences sur le climat. En effet, le cargo chargé d’engrais qui a coulé dans le golfe d’Aden, après avoir été endommagé par des missiles des houthis, présente un risque pour l’environnement, a averti cette semaine l’armée américaine. Les Houthis ont revendiqué l’attaque du 19 février contre le Rubymar, un navire marchand battant pavillon du Bélize et exploité par une entreprise libanaise, qui transportait des engrais combustibles. Le gouvernement du Yémen a déclaré samedi que le navire avait coulé. Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé samedi en fin de journée que le navire avait «coulé en mer Rouge après avoir été frappé par un missile balistique antinavire le mois dernier». «Les quelque 21 000 tonnes d’engrais à base de sulfate de phosphate d’ammonium que transportait le navire présentent un risque environnemental en mer Rouge», a déclaré le CENTCOM dans un communiqué. «En coulant, le navire présente également un risque d’impact sous la surface pour les autres navires qui empruntent les routes de navigation très fréquentées de la voie navigable», a-t-il ajouté. Selon le Fonds monétaire international, le transport de conteneurs par la mer Rouge a chuté de près d’un tiers cette année en raison de la poursuite des attaques des rebelles houthis du Yémen. Le Rubymar avait quitté les Émirats arabes unis et se dirigeait vers le port bulgare de Varna. Son équipage avait abandonné le navire et pu être évacué en lieu sûr après avoir été touché par deux missiles. Plusieurs autres organisations ont aussi exprimé leur inquiétude quant à la menace environnementale que représente le pétrolier. Des images satellites montrent que du fioul s’échappe du navire. Selon le site TankerTrackers, le naufrage «provoquerait une catastrophe environnementale dans les eaux territoriales (yéménites) et en mer Rouge». Selon l’agence de sécurité maritime UKMTO, dirigée par la marine britannique, le navire attaqué se trouvait à 35 milles nautiques (65 kilomètres) du port yéménite de Mokha (sud-ouest). Face aux attaques répétées des rebelles, les États-Unis, principal allié d’Israël, ont mis en place en décembre une force multinationale, afin de «protéger» le trafic maritime dans ces eaux stratégiques. Ils ont lancé depuis janvier, parfois avec l’aide du Royaume-Uni, de nombreuses frappes contre des cibles des Houthis au Yémen, pays confronté à une guerre opposant depuis 2014 le pouvoir aux rebelles soutenus par l’Iran. Reste à voir si les Américains décideront d’augmenter leurs frappes pour dissuader plus sérieusement les rebelles qui continuent à menacer les bâtiments navals mais aussi l’économie des armateurs de ses navires qui ont peu d’alternatives pour acheminer leurs cargaisons et sont obligés d’emprunter les routes du golfe d’Aden. Les frappes américaines et britanniques qui ont visé les rebelles ces derniers mois, se sont ainsi avérées inefficaces pour le moment, faisant craindre à une escalade militaire qui n’est pas dans l’intérêt des Yéménites qui déjà subissent les effets d’une guerre civile depuis 2014 et pourraient voir leur pays durement visé par une coalition menée par les Américains, soucieux de préserver leurs intérêts dans la région.

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