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samedi 24 février 2024

Enterrée

Après Fabien Roussel, dirigeant du parti communiste français, qui fut le premier mi-octobre à sonner le glas de la Nupes, affirmant ne plus être capable de travailler avec La France Insoumise, et après les socialistes et les écologistes qui lui ont emboité le pas dans les jours et semaines suivantes c’est aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon lui-même qui enterre l’alliance de la gauche. Depuis l’attaque du Hamas début octobre et le refus des Insoumis de qualifier l’organisation de terroriste, l’état de santé de la coalition s’était particulièrement détérioré. Le coordinateur de LFI Manuel Bompard déplorait ce mercredi le « constat du blocage » de la Nupes en raison de « désaccords stratégiques profonds ». Dès le lendemain, lors d’une réunion publique à Rochefort (Charente-Maritime), Jean-Luc Mélenchon a officiellement enterré la coalition en déclarant : « il n’y a plus de Nupes, alors on fait semblant qu’il y en a toujours une (…) Ce qu’on a construit est déjà détruit. » À peine un an après la conclusion de cet accord historique et à sept mois des Européennes, les relations entre Insoumis et les autres partis de gauche sont plus que jamais intenables. Depuis l’attaque du Hamas début octobre et le refus des Insoumis de qualifier l’organisation de terroriste, l’état de santé de l’alliance s’était profondément dégradé. Les députés socialistes, après avoir voté un « moratoire sur leur participation aux travaux de l’intergroupe », avaient discrètement retiré la mention « Nupes » de leur nom de groupe parlementaire. Une métastase supplémentaire alors que Yannick Jadot dans un entretien au Point enterrait déjà l’entente électorale : « La Nupes est morte » et son camarade Fabien Roussel déplorait « une impasse ». Alors qu’aucun Insoumis n’avait encore publiquement entériné la fin de la coalition, c’est finalement son leader qui établit l’acte de décès. Jean-Luc Mélenchon a poursuivi son oraison funèbre en fustigeant les désaccords de la gauche, les qualifiant « de gamineries, d’enfantillages irresponsables », et de se projeter vers l’avenir : « Cela ne peut pas être ça l’avenir de la gauche, il y a un programme partagé, il doit continuer à vivre. Comment ? (…) « Nous allons faire l’union populaire avec ceux qui veulent. Ceux qui ne veulent pas font ce qu’ils veulent, les Français trancheront. » Reste à voir si LFI qui est arrivée aux portes du second tour lors de la l’élection présidentielle 2022 et qui a remporté 75 sièges de députés lors des dernières élections législatives, contre 17 en 2017, réussira a garder le cap après que la coalition qu’elle dirigeait de fait ait volé en éclats.

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