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jeudi 25 avril 2024

Entente

Alors que Marine Le Pen est au pic de sa popularité avec de très multiples sondages l’annonçant désormais comme réussissant à s’imposer au second tour de la prochaine élection présidentielle, ses adversaires se font de plus en plus nerveux. Chez les Républicains, certains demandent désormais à la majorité présientielle de renoncer à présenter un candidat en 2027 pour ouvrir la voie à un candidat unique de la droite traditionelle et du centre. «Cet exécutif fait semblant de réformer le pays», a ainsi fustigé Jean-François Copé dimanche, dénonçant le «boulevard» offert à la candidate du Rassemblement National par un gouvernement qui «n’a pas les moyens politiques» de réformer le pays. Celui qui s’est déjà prononcé en faveur d’un accord du gouvernement entre le camp Macron et la droite a plaidé pour un candidat unique en 2027, seule chance selon lui d’éviter un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. «Si Valérie Pécresse avait fait 12 % à la présidentielle, la finale en 2022, c’était Mélenchon-Le Pen», a alerté l’ancien ministre chiraquien. L’édile s’est inquiété de la multiplication des candidats potentiels (de droite et du centre) pour la prochaine élection. «Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Édouard Philippe, David Lisnard, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin… pour les Français, ils sont de droite et ça fait six candidats. François Bayrou se dit peut-être. On est à six et demi, sept», a-t-il déploré. «Quand on a trop de candidats, je ne vois pas comment on arrive à passer le cap parce que la présidentielle c’est deux tours», a-t-il précisé, rappelant «qu’à l’extrême droite, il n’y a qu’une candidate, Marine Le Pen. À l’extrême gauche, il n’y a qu’un candidat». En retrait de la politique nationale depuis 2016, à la suite de son score à la primaire de la droite (0,3 %), Jean-François Copé a exprimé «sa frustration» de ne pouvoir mettre «au service des Français sa maturité politique». «Je me suis transformé un peu en coach et il m’arrive de partager un certain nombre de réflexions avec ceux qui souhaitent partager ça avec moi», a-t-il expliqué, faisant probablement référence à son déjeuner au début du mois avec Édouard Philippe. Alors que Nicolas Sarkozy a annoncé se pourvoir en cassation après sa condamnation ce mercredi en seconde instance dans l’affaire «Bygmalion», Jean-François Copé a qualifié la décision d’être «loin d’anodine». Complètement innocenté dans cette affaire, celui qui était président de l’UMP à l’époque des faits s’est félicité que la justice lui ait rendu «son honneur». Toutefois, ses conseils risquent de ne pas trouver d’oreilles très attentives chez Renaissance ou Horizon, où l’on se prépare déjà à 2027 et où l’idée de passer la main, même pour éviter une arrivée de Marine Le Pen à l’Élysée, n’est pas encore envisagée. Pourtant, le constat de Copé semble assez raisonnable et difficile à contrecarré, mais il se base sur la constatation selon laquelle Renaissance, Horizon et les Républicains seraient assez similaires pour proposer un seul candidat. Or, il y a encore quelques semaines, les LR et le parti présidentiel s’entredéchiraient à l’occasion du vote de la loi immigration, faisant voler en éclats l’entente au Parlement qui les unissait. Difficile aujourd’hui donc d’imaginer un candidat unique au vu des dissenssions entre les deux mouvements, surtout qu’au sein même de Renaissance les courants de centre droit et de centre gauche continuent à s’écharper pour faire triompher leurs lignes politiques.

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