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samedi 3 décembre 2022

Enrichissement

Alors que les Européens exhortent avec de plus en plus de véhémence l’Iran et les États-Unis à se «réconcilier» autour de l’Accord sur le nucléaire iranien, Téhéran, au bord du gouffre financier, agacé par le manque de réactivité de Washington, semble prêt à jouer le jeu de la provocation pour faire réagir la Maison-Blanche et pousser l’administration Biden à reconsidérer la position américaine sur les nombreuses sanctions économiques qui plombent le pays. L’Iran a ainsi annoncé cette semaine qu’il pourrait enrichir de l’uranium à 60 % en cas de besoin, par la voix du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, dans un nouveau geste de défi à l’égard de l’Occident. «La limite d’enrichissement de l’Iran ne sera pas de 20 %. Nous agirons selon nos besoins (…) Nous pourrions augmenter l’enrichissement à 60 %», affirme-t-il, selon un communiqué publié sur son site officiel. La déclaration d’Ali Khamenei intervient à la veille de l’entrée en vigueur d’une loi visant à limiter les capacités d’inspection de ses activités nucléaires face au maintien des sanctions américaines. La loi du Parlement iranien exige du gouvernement iranien qu’il limite certaines inspections de l’agence nucléaire de l’ONU sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects, si les États-Unis ne levaient pas leurs sanctions imposées en 2018 à l’Iran après leur retrait unilatéral de l’accord nucléaire de 2015. Début janvier, aux termes de la même loi, le gouvernement a relancé les activités d’enrichissement de l’uranium à hauteur de 20 %, niveau que pratiquait le pays avant l’accord. Le gouvernement «n’a pas abandonné ses engagements et réduit progressivement certains d’entre eux, qui sont encore réversibles dans le cas où (les autres pays partis à l’accord) reviennent à leurs responsabilités», a dit Ali Khamenei. «Les Occidentaux savent bien que nous ne cherchons pas (à fabriquer) des armes nucléaires». Augmenter l’enrichissement à 60 % rapprocherait la République islamique des 90 % requis pour fabriquer une bombe atomique. Mais l’Iran a nié à plusieurs reprises chercher à se doter de l’arme nucléaire. Reste que les provocations iraniennes mettent Biden et son équipe en mauvaise posture, leurs opposants pouvant arguer désormais en cas de retour dans l’Accord sur le nucléaire que les démocrates cèdent face au bras de fer engagé par Téhéran alors que Donald Trump avait, lui, maintenu une fermeté inflexible face au régime de la République islamique. Le mieux pour Biden serait de prendre une décision rapide, car plus il fait durer l’attente et plus les relations risquent de se détériorer avec l’Iran, rendant une conciliation, pourtant prévue dans le programme de campagne du président démocrate, difficile.

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