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samedi 24 février 2024

Enrichissement

Cela fait déjà plus de dix ans que la présidentielle de 2012, durant laquelle Nicolas Sarkozy a échoué à se faire réélire pour un second mandat, s’est terminée, mais les ennuis judiciaires qui en ont découlés continuent de poursuivre l’ex-président de droite. En effet, de retour devant la justice dans l’affaire Bygmalion, Sarkozy a de nouveau clamé son innocence vendredi. Rejugé pour les dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012, l’ancien président a accusé la société Bygmalion de s’être enrichie dans son dos. «Je conteste vigoureusement toute responsabilité pénale, parce que je conteste, et j’espère le démontrer, avoir jamais eu connaissance d’une fraude, avoir jamais demandé une fraude ou avoir même bénéficié d’une fraude», a-t-il déclaré devant la cour d’appel de Paris. Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy a été condamné en première instance à un an d’emprisonnement ferme. «Si je n’ai rien demandé, si je n’étais pas au courant, où est le délit intentionnel ?», s’est-il interrogé à la barre, disant un peu plus tard avoir été «à mille lieues d’imaginer qu’il y avait un système de fausses factures». «Je veux la vérité», a-t-il poursuivi, pugnace face aux questions de la présidente, tout en reconnaissant n’avoir «pas convaincu jusqu’à présent». Rejugé depuis le 8 novembre aux côtés de neuf autres personnes qui ont fait appel, de façon partielle ou en totalité, de leur condamnation en septembre 2021, Sarkozy n’était apparu jusqu’ici qu’au premier jour du procès. Contrairement à ses co-prévenus, il n’est pas mis en cause pour le système de fausses factures lui-même, imaginé pour masquer l’explosion des dépenses de sa campagne (près de 43 millions d’euros, alors que le plafond légal était de 22,5 millions). Mais il a été condamné en première instance à un an d’emprisonnement ferme pour avoir dépassé ce plafond légal. Le tribunal correctionnel avait souligné dans son jugement que l’ancien locataire de l’Élysée avait «poursuivi l’organisation de meetings électoraux, demandant un meeting par jour», alors même qu’il «avait été averti par écrit du risque de dépassement légal», puis du dépassement effectif. Comme lors du premier procès, l’ex-président a accusé des proches de son rival Jean-François Copé, Jérôme Lavrilleux, qui était directeur adjoint de l’équipe de campagne, et l’agence de communication Bygmalion, de s’être enrichis, contestant le fait que sa campagne s’était emballée. «Je conteste formellement le terme emballement, qui ne correspond à rien !», s’est animé Nicolas Sarkozy. «Je n’ai jamais vu une campagne où il n’y a pas un événement par jour», a-t-il déclaré un peu plus tard, avec un débit de mitraillette et de grands gestes. Il a dénoncé «le mensonge d’une campagne qui devient folle». Lors des interrogatoires précédents, l’ex-directeur général de Bygmalion, Guy Alves, a estimé que Nicolas Sarkozy avait été au final le «seul bénéficiaire» du système de fausses factures, un avis partagé par M. Lavrilleux, qui a dit jeudi que tout avait été fait «au profit du candidat». Or, cette affaire n’est qu’une parmi d’autres affaires judiciaires qui assombrissent la retraite de l’ancien président qui a été condamné en mai dernier dans l’affaire des écoutes à trois ans d’emprisonnement dont un ferme, une décision contre laquelle il s’est pourvu en cassation. Dans ce volet, une récente décision du Conseil constitutionnel qui censure une règle procédurale pourrait lui bénéficier. L’ex-chef de l’État comparaîtra en 2025 pour les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Il a, par ailleurs, été mis en examen, début octobre, dans le volet de cette affaire liée à la rétractation de l’intermédiaire Ziad Takieddine. Celui qui a raté son retour en politique en 2017, semble condamné à traîner des casseroles qui l’empêcheront très probablement de rêver d’un retour auprès des électeurs. Il devra ainsi continuer à se contenter d’être l’un des conseillers officieux d’Emmanuel Macron, ce qui n’est déjà pas si mal, surtout que l’ex-président se montre de plus en plus distant avec sa propre famille politique.

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