21.9 C
Alger
lundi 20 mai 2024

Enrichissement

L’émergence d’un «nouveau» Moyen-Orient où toutes les cartes seraient redistribuées se heurte à la question du nucléaire. L’Arabie saoudite réclame depuis des mois que les États-Unis l’aident à lancer un programme nucléaire civil. Elle en fait une condition à la normalisation de ses relations avec Israël. Seul bémol : Riyad exige aussi que les Américains procèdent à un transfert sur le sol saoudien des infrastructures technologiques nécessaires à l’enrichissement de l’uranium susceptible d’être utilisé un jour à des fins militaires. Détail important : tous les pays disposant d’un arsenal de bombes atomiques, tels l’Inde, le Pakistan et, selon les experts étrangers, Israël, ont commencé par un programme civil avant de franchir le seuil militaire. Histoire de faire pression sur Washington et Israël, Mohammed ben Salmane, le prince héritier saoudien, a sorti un argument massue mercredi dernier en expliquant à «Fox News» que si l’Iran s’équipait d’armement nucléaire, l’Arabie en ferait immédiatement autant. Dit autrement : en cas de refus américain, les Saoudiens s’adresseraient à la Chine ou la Russie. «Nous nous préoccupons du fait qu’un pays puisse se doter d’une arme nucléaire. C’est une mauvaise chose», a affirmé MBS. «Ils n’ont pas besoin de se doter d’une arme nucléaire parce qu’ils ne peuvent pas l’utiliser», selon lui. L’Arabie saoudite et Israël se «rapprochent» par ailleurs d’un accord de normalisation de leurs relations, qui serait historique, a également déclaré le prince héritier. «On s’en rapproche tous les jours», a-t-il affirmé, selon des extraits de cet entretien, au moment où le président américain Joe Biden rencontrait à New York le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. «Pour nous, la question palestinienne est très importante. Nous devons la résoudre», a-t-il dit en soulignant que «les négociations se poursuivent bien jusqu’à présent». Il a démenti des informations de presse faisant état d’une «suspension» des discussions avec Israël. «Nous espérons qu’elles aboutiront à un résultat qui facilitera la vie des Palestiniens et qui permettra à Israël de jouer un rôle au Moyen-Orient», a ajouté ben Salmane. Israël a déjà normalisé ses relations avec quatre pays arabes, Bahreïn, l’Egypte, le Maroc et les Emirats arabes unis. Or, ces normalisations isolent toujours un peu plus Téhéran. Mais voir deux de ses ennemis, l’Arabie Saoudite et Israël tisser des liens poussera certainement le régime des mollahs à aiguiser son obsession concernant l’acquisition de l’arme nucléaire. Surtout que la crise économique continue de laminer le pays et que les Iraniens ont prouvé il y a une année que faute d’arriver à renverser le régime islamique qui les accable, ils ont du moins le pouvoir de le déstabiliser.

Article récent

--Pub--spot_img

Articles de la catégorie

- Advertisement -spot_img