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lundi 27 mai 2024

Enrichissement

Il se passe rarement une semaine désormais sans que l’Iran ne fasse des annonces concernant son programme nucléaire qui semble aller bon train, malgré les multiples mesures coercitives prises par l’Occident pour éviter son avancement. Et le blocage des négociations pour un retour des États-Unis dans l’Accord sur le nucléaire iranien ne fait que compliquer la situation. Téhéran a ainsi franchi un nouveau seuil en augmentant à plus de 120 kg son stock d’uranium enrichi à 20 %, a annoncé, en ce début de semaine, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. «Nous avons dépassé les 120 kg. Nous avons plus que ce chiffre. Notre peuple sait bien qu’ils (les Occidentaux) étaient censés nous donner le combustible enrichi à 20 % pour utiliser dans le réacteur de Téhéran, mais ils ne l’ont pas fait», a déclaré Mohammad Eslami à la télévision d’État. «Si nos collègues ne le produisaient pas, nous aurions naturellement des problèmes avec le manque de combustible pour le réacteur de Téhéran», a-t-il ajouté. Selon les estimations de fin août, Téhéran avait porté à 84,3 kg son stock d’uranium enrichi à 20 %, un niveau qui lui permet en théorie de produire des isotopes médicaux, utilisés notamment dans le diagnostic de certains cancers. Puis en avril, la République islamique a franchi le seuil inédit de 60 % et en a produit depuis 10 kg, se rapprochant des 90 % nécessaires à la confection d’une bombe. Conclu en 2015 entre l’Iran, d’une part, et les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l’Allemagne, d’autre part, l’accord offrait à Téhéran la levée d’une partie des sanctions internationales en échange d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous le strict contrôle de l’ONU. Mais après le retrait unilatéral des Américains de l’accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, Téhéran a progressivement abandonné ses engagements. Les États-Unis ont en retour imposé des sanctions. Ceux qui espéraient naïvement que Joe Biden sitôt arrivé à la Maison-Blanche allait régler le dossier iranien, se sont ainsi bercés d’illusions et l’on voit bien aujourd’hui que la diplomatie américaine rechigne, presque autant que la diplomatie iranienne, à faire le moindre effort pour faciliter une coopération entre les deux nations ennemies depuis plus de quarante ans.

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