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lundi 20 mai 2024

Engagement

Emmanuel Macron continue à faire des déclarations inquiétantes concernant un éventuel engagement armé de la France aux côtés de l’Ukraine. Et si la majorité des réactions face à cette nouvelle position de l’Élysée sont hostiles au sein de la classe politique et de la population, qui refusent d’être entraînées dans une guerre qui n’est pas la leur, certaines personnalités n’hésitent pas à applaudir le président français. «Emmanuel Macron a totalement raison au sujet de l’éventuel envoi de troupes françaises sur le terrain», a ainsi déclaré hier au micro de Franc Info Nicolas Tenzer, ancien haut fonctionnaire et l’un des principaux analystes de la guerre en Ukraine, connu pour ses positions très fermes vis-à-vis de la Russie. La veille, le président de la République a en effet réaffirmé qu’«à un moment donné, il faudra peut-être avoir des opérations en Ukraine». «C’est quelque chose que je propose depuis plus d’un an», a insisté le chercheur au CEPA (Center for European Policy Analysis), think tank américain basé à Washington. «Comme on est directement attaqué par la Russie, c’est notre guerre, pas seulement celles des Ukrainiens», a-t-il tranché. Et d’ajouter : «Peut-être qu’un jour Poutine nous attaquera de manière totalement militaire, ce n’est pas quelque chose qu’il faut exclure». Pour l’enseignant à Sciences Po, spécialiste des questions géostratégiques, il est évident qu’«on ne peut pas laisser uniquement les Ukrainiens se battre à notre place». «On n’a jamais gagné une guerre quand on combat en arrière de cour, quand on fait combattre notre guerre par quelqu’un d’autre. Il y a un moment, il faut se poser directement la question de l’engagement. Et c’est ce tabou qu’Emmanuel Macron a voulu lever». Et d’après l’ancien haut fonctionnaire, «la Russie n’est pas si puissante que ça». «Économiquement, la Russie est un nain qui est en train de décliner. Elle connaît une fuite des capitaux, des talents. Voyez l’état des hôpitaux, des infrastructures, des écoles», a-t-il poursuivi. En précisant que le rapport entre les troupes russes et les troupes de l’Otan, sur le plan conventionnel, était «de 1 pour 20», «nous serions nous aussi capables physiquement de détruire la Russie», a-t-il finalement tranché, en répondant aux journalistes qui l’interrogeaient sur l’arme nucléaire et les techniques de dissuasion de Vladimir Poutine. Mais ce scénario n’est pas souhaitable, a insisté Nicolas Tenzer. «C’est pour cela que nous devons accélérer la fourniture de munitions et d’armes de toute nature. Il faut donner l’autorisation aux Ukrainiens et leur fournir les armes pour attaquer le territoire russe». Néanmoins, les va-t-en-guerre tels que ce personnage sont assez rares, que ce soit en France, dans le reste de l’Europe ou aux États-Unis, peu sont ceux qui tiennent ce type de discours, surtout au sein des classes politiques où l’on mesure l’ampleur de l’exaspération des populations occidentales qui acceptent de plus en plus mal de voir leurs impôts financer une guerre à l’autre bout du monde et qui seraient à n’en pas douter farouchement opposées à l’idée d’envoyer des troupes sur place. Reste à voir si Macron ira au bout de sa nouvelle stratégie face à la Russie et s’il sera effectivement prêt à envoyer des soldats au front malgré l’opposition de la classe politique et de sa population. Se faisant, il pourrait mettre à mal les chances du candidat choisi par sa famille politique dans trois ans pour l’élection présidentielle, et renforcer par là même les chances de Marine Le Pen de remporter la prochaine course à l’Élysée.

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