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jeudi 30 juin 2022

En Libye, une division en remplace une autre

On se demandait l’autre jour si la fin de la bataille de Marioupol, commencée le jour même de l’invasion russe de l’Ukraine, n’annoncerait pas celle de la guerre dans son ensemble, la victoire obtenue par les Russes à cette occasion pouvant être considérée par eux comme la réalisation de l’essentiel de leurs objectifs de guerre, du moins tels qu’ils les avaient énoncés avant le 24 février. Aujourd’hui il ne reste à Marioupol qu’une poche de résistance, dont ses occupants, à ce qu’il semble en accord avec Kiev, ont refusé de se rendre, préférant se battre jusqu’au dernier, alors même que des centaines des leurs avaient fait précédemment le choix inverse. L’un des sujets de satisfaction pour les Russes, une fois cette poche réduite, ce qui en principe ne saurait trop tarder, c’est que cette bataille a été remportée contre le gros du bataillon Azov, un groupe paramilitaire d’extrême droite vouant une haine implacable au nom russe, qualifié par eux de néonazi. La dénazification est justement l’un de leurs deux principaux objectifs dans cette guerre, le deuxième étant l’abandon par les Ukrainiens du projet d’intégration à l’Otan.

Si c’est au bataillon Azov qu’ils ont eu affaire à Marioupol, et s’ils ont fini par l’éliminer, dans une bonne mesure sinon en totalité, pendant ce qui fera bientôt deux mois de guerre, ils peuvent dès à présent estimer avoir réalisé un des deux principaux objectifs qu’ils s’étaient fixés, en dehors bien sûr de la prise de contrôle de l’ensemble du Donbass, et de son rattachement à la Crimée par l’intermédiaire de Marioupol, deux choses elles aussi en bonne voie d’achèvement. L’autre grand objectif de guerre, la neutralité de l’Ukraine, ne peut se réaliser que par la négociation avec Kiev, en aucune façon par les armes, à moins de s’emparer de toute l’Ukraine, ce qui ne semble pas être le but recherché. Du point de vue symbolique, la chute de Marioupol n’est pas moins importante et gratifiante, puisqu’elle permettra au président russe de proclamer la victoire le 9 mai prochain, jour de célébration de la victoire sur les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale. Or l’on sait que pour les Russes la guerre actuelle n’est pas appelée à durer. Il y a encore peu, ils avaient même déclaré qu’elle serait bientôt finie. Voilà qui n’est pas en contradiction avec ce que nous disions à cet égard. Seulement voilà, pour proclamer la victoire sans en même temps courir le risque de replonger tout de suite après dans une guerre renouvelée, encore faut-il que l’ennemi accepte sa défaite relative, et se montre plus que jamais disposé à régler le reste du conflit par la seule négociation. On ne peut pas dire que Kiev soit précisément dans cet état d’esprit. Le président ukrainien vient de faire savoir que si l’assaut sur la dernière poche de résistance dans le dédale du sous-sol de l’usine Azovstal dans l’enceinte du port est donné, c’en sera du même coup fini de toute idée de négociation. Les pourparlers dont on rappelle régulièrement qu’ils se poursuivent malgré tout devront donc cesser sans possibilité de reprendre plus tard. Dans ce cas, effectivement, la fin de la bataille de Marioupol ne présage pas celle de la guerre mais celle de la négociation, en accord d’ailleurs avec le fait que cette dernière n’a fait jusque-là que tourner en rond.

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