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lundi 26 septembre 2022

Embargo

Si la situation en mer Méditerranée ne fait plus autant de vagues qu’il y a quelques mois, où des menaces de conflit armé avaient clairement été énoncées entre la Grèce et la Turquie, la rivalité qui les oppose n’est toutefois pas résolue et les deux pays continuent à se disputer des gisements gaziers qui se situent, pourtant, en territoire grec. Cette semaine, le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, a ainsi dit toute sa déception quant à la récente vente de sous-marins par l’Allemagne à la Turquie, rapporte le site spécialisé Euractiv. Berlin refuse de suspendre la vente de six sous-marins de type 214 dont les contrats ont été signés il y a plusieurs années. Cette décision risque de modifier l’équilibre des rapports de force en mer Égée en faveur d’Ankara, selon Athènes. Ces sous-marins d’attaque conventionnels sont aussi utilisés par la marine grecque. Le gouvernement grec aimerait que ses partenaires européens au sein de l’Union européenne (UE) respectent un embargo sur les armes avec la Turquie, compte tenu de l’escalade des tensions entre les pays voisins en Méditerranée orientale ces derniers mois. L’Allemagne, l’Espagne et l’Italie s’y sont récemment opposées, bloquant la demande grecque au Conseil de l’UE. Un projet de loi en Allemagne interdisant l’exportation de sous-marins vers la Turquie a aussi été rejeté devant le Bundestag. Lors du sommet européen des 24 et 25 juin, les dirigeants de l’UE doivent adopter une nouvelle stratégie vis-à-vis de la Turquie. Selon le projet de conclusions, obtenu par Euractiv, l’UE se félicite de la poursuite de la désescalade en Méditerranée orientale. Paris a dû soutenir en juin 2020 la Grèce face aux ambitions gazières d’Ankara, notamment lorsqu’un incident a opposé des navires turc et français. En octobre, Erdogan avait mis en cause la santé mentale d’Emmanuel Macron, l’accusant de mener une campagne de haine contre l’islam, parce qu’il avait défendu le droit de caricaturer le prophète Mohamed et pour son discours contre le séparatisme islamiste en France. Depuis, la situation est à la désescalade. Le ministre des Affaires étrangères turc a récemment annoncé avec son homologue grec, lors d’une rencontre à Athènes, que «l’été sera calme». Le 14 juin 2021, les Présidents Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron se sont aussi rencontrés à Bruxelles en marge d’un sommet de l’Otan, affichant une volonté d’avancer ensemble malgré leurs divergences. Reste à voir si la Turquie réussira à garder longtemps la tête froide, son président restant peu de temps généralement sans provoquer ou menacer ses homologues européens. Si la tension venait à grimper dangereusement une fois encore entre les Turcs et les Grecs, il sera intéressant de voir si les pays de l’UE, hormis la France qui a très tôt apporté son soutien à Athènes, soutiendront à leur tour la Grèce ou s’ils préfèreront, comme en septembre dernier, au plus fort du conflit, détourner les yeux.

F. M.

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