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lundi 26 septembre 2022

Elle représente le tiers des dépenses: Diabète, une maladie coûteuse pour la CNAS

Avec plus de quatre millions de diabétiques, l’Algérie fait face à un véritable problème de santé publique. Ce chiffre de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas) ne représente que la moitié du nombre réel de diabétiques, estimé à 10 % de la population du pays. On considère que la moitié des malades ne sait pas qu’elle est diabétique. Très souvent, la maladie n’est découverte que lors d’une complication. Ce chiffre nous renseigne sur l’ampleur de cette maladie qui touche une bonne partie des Algériens. Le diabète est l’affection la plus fréquente des maladies chroniques prises en charge par la Cnas. Le Professeur Ammar Tebaibia, spécialiste en médecine interne, a indiqué que la prise en charge des diabétiques représentait 28 % des dépenses de la Cnas, soit plus de 54 milliards de dinars. Allant dans les détails des coûts de cette prise en charge, il a précisé que la Cnas a dépensé «54 milliards de dinars, dont 29 milliards de dinars pour l’insuline, 14 milliards de dinars pour les bandelettes glycémiques et 8 milliards de dinars pour les traitements oraux». Lors d’une journée d’étude pour la présentation du Guide de soins du pied diabétique, le spécialiste qui dirige le service de médecine interne à l’Hôpital public (EPH) de Birtraria, Alger, a souligné que la prise en charge du pied diabétique avait un coût considérable pour la Caisse, du fait du grand nombre de malades, estimé à 4 millions, de la durée d’hospitalisation et de l’acquisition de molécules innovantes. Le Professeur Tebaïbia, qui a contribué avec un panel d’experts à l’élaboration d’une recommandation sur la prise en charge du pied diabétique, a décrit la maladie comme «insidieuse et grave», ajoutant qu’elle peut provoquer une obstruction artérielle et entraîner une maladie ou une insuffisance cardiaque ou rénale. Le diabète peut également entraîner la cécité par lésion des vaisseaux oculaires ou hypertension artérielle, voire amputation partielle ou totale de la jambe du patient. L’expert de la Cnas a souligné, à cet égard, l’importance d’un dépistage précoce du diabète pour prévenir le risque d’amputation du patient. De son côté, le Professeur Samia Zakari, spécialiste en médecine interne et éducation thérapeutique du diabète à l’EPH de Birtraria, a déploré le recours aux diabétiques pour le traitement d’un stade avancé de la maladie, soulignant l’importance de la formation dans ce volet pour une bonne prise en charge du malade. Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a précisé que «les patients sont souvent diagnostiqués à un stade avancé de la maladie, ce qui entraîne des complications graves et multiples», soulignant que le nouveau guide élaboré par un groupe d’experts permettra de «réduire les amputations de 80 %». Cette nouvelle ligne directrice se veut un «outil concret» qui permettra de faire face aux complications graves du diabète, a indiqué le ministre, saluant le «bon travail» réalisé par les experts de diverses spécialités en coordination avec les étudiants.
Louisa A. R.

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