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Alger
mardi 28 juin 2022

Elections locales sous le signe de l’abstention habituelle

Survenant six mois seulement après des législatives marquées par une forte abstention, les élections locales d’aujourd’hui pourraient bien connaître une désaffection comparable de la part des électeurs, le temps séparant les deux échéances n’étant pas suffisamment important pour que l’humeur boycotteuse de l’opinion, si elle existe réellement, soit passée de façon certaine. Comparable, peut-être, mais par nécessairement plus faible, ne serait-ce que parce qu’il est difficile d’imaginer une participation inférieure à celle du 12 juin dernier, où le climat politique y était plus propice que ce n’est le cas aujourd’hui, étant donné qu’il s’est calmé depuis, quand ce ne serait que provisoirement. Des changements sont quand même intervenus, dont en premier lieu la fin des manifestations du vendredi à la sortie des mosquées, y compris en Kabylie. A cet égard, une page a bel et bien été tournée, même s’il en est sûrement qui espèrent la rouvrir dès les premières semaines de l’année prochaine. Reste que le sentiment dominant est que l’on se trouve dans une phase intermédiaire, dans un entre-deux où la marche arrière semble encore de l’ordre du possible, en tout cas aux yeux d’une frange de l’opinion, qui bien sûr parie pour une reprise prochaine du mouvement. Tout cela cependant est subjectif. Il n’est pas impossible en fait que même dans le cas d’une forte abstention à ces locales, les causes ne soient pas les mêmes que celles qui étaient à l’œuvre lors des trois échéances précédentes : présidentielle, référendum constitutionnel et législatives. Cela dit, c’est tout le contraire qui est susceptible de se produire, c’est-à-dire une participation en rupture nette avec l’abstentionnisme ambiant. Mais tout autant une faible participation, mais sans lien avec la précédente. La vérité est que les Algériens n’ont jamais été des électeurs enthousiastes. Chez eux, et de tout temps, le premier réflexe, c’est l’abstention, pas du tout la participation. Une seule fois ils s’étaient rués sur les urnes. C’est lors de la présidentielle du 16 novembre 1995, dans un contexte politique exceptionnel à tout point de vue. Ils avaient été au rendez-vous parce que c’était là une question de vie ou de mort, pour chacun d’entre eux comme pour leur pays. Jamais plus ils ne se remobiliseront de cette façon. En Algérie l’abstention est endémique. Elle est forte à 50% ; moyenne à 40% ; faible à 30%. On ne devrait juger de la participation, à l’échéance d’aujourd’hui comme à celles passées ou à venir, qu’à cette aune, un produit de l’histoire électorale du pays, certes relativement courte, d’autant plus si on la fait remonter au début du multipartisme. Les Algériens ne votent que dans les situations sortant de l’ordinaire. En dehors de cela, ils s’abstiennent. De sorte qu’on ne sait toujours pas si aux trois dernières élections ils ont boycotté, ce qui suppose une intention politique précise, ou s’ils se sont abstenus comme à leur habitude, par manque d’intérêt à la chose publique. Bien sûr les hirakistes pensent qu’ils ont boycotté, conformément à l’appel en ce sens émis par eux. Peut-être qu’en effet l’abstention aurait été moindre, tout en étant massive comme le veut la tradition, sans cet appel. Il n’en reste pas moins que même alors il n’est pas prouvé que ce dernier est la cause du gros de l’abstention. Son effet a pu jouer, mais seulement à la marge. Au regard des normes algériennes, la participation d’aujourd’hui sera importante si elle frise les 50% ; moyenne si elle tourne autour de 40% ; faible au-dessous de la barre des 30%.
Indépendamment de la question du boycott, qui cette fois-ci d’ailleurs ne se pose pas, puisque d’appel en ce sens, il n’y en a pas eu justement.

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