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samedi 3 décembre 2022

Elections américaines de mi-mandat : La vague rouge n’a pas eu lieu

Au vu non pas tant des résultats, encore assez loin d’être complets, mais de la tendance qui se dégage de ceux déjà disponibles, le sentiment qui semble pour le moment dominant aux Etats-Unis est que les démocrates ont fait mieux que limiter les dégâts aux élections de mi-mandat de mardi dernier, ils sont en bonne voie de conserver l’essentiel : le contrôle du Sénat, si en revanche ils vont vraisemblablement perdre celui de la Chambre des représentants. N’empêche, les républicains conservent du moins le droit de dire qu’ils ne les ont pas perdues, étant donné qu’ils y sont entrés comme minoritaires dans les deux chambres, et qu’ils en sont sortis, ou plus exactement en train d’en sortir ayant pour butin assuré la Chambre des représentants. Ce qui n’est pas négligeable, encore qu’insuffisant pour rendre les deux années restantes du mandat de Joe Biden une épreuve de chaque instant. Cela dit, tout n’est pas encore perdu pour eux au Sénat, puisqu’il reste quatre sièges non encore attribués, tous relevant des Swing States, c’est-à-dire des Etats qui ne sont ni rouges (la couleur des républicains américains), ni bleus (celle des démocrates) mais qui tantôt votent majoritairement pour les uns tantôt pour les autres, et qui sont, à l’heure où ces lignes sont écrites : la Géorgie, le Nevada, le Wisconsin et l’Arizona.

Ce n’est que dans le Wisconsin que le candidat républicain est donné pour le moment en tête de la course. Partout ailleurs les républicains peuvent aussi bien l’emporter que perdre, tant la compétition est serrée. En Pennsylvanie, une sénatoriale très disputée, pour sa valeur plus que symbolique, prédictive, la messe est par contre dite, le démocrate John Fetterman, le détenteur du siège, qui avait semblé chanceler, pour cause d’AVC, a finalement pris le dessus sur le fringant Mehmet OZ, en dépit du soutien réitéré de Donald Trump. Vraisemblablement ce n’est pas dans les heures qui viennent qu’on saura à qui est revenue la majorité au Sénat, sachant qu’en Géorgie, le siège n’est accordé au vainqueur que dans le cas où celui-ci obtient plus de 50% des voix. Autrement un second tour est organisé, un mois plus tard, pour départager définitivement les candidats. Ainsi donc, la vague rouge, que d’ailleurs peu se sont risqués à annoncer, n’a pas eu lieu. Même la victoire des républicains aux élections des représentants peut finalement s’avérer plus courte que celle qui ressort sur la base du décompte en cours. Leur avance est pour l’heure de 30 sièges, mais il est possible qu’elle se réduise au bout du dépouillement. Mais de même qu’il faut relativiser cette victoire républicaine, il convient pour être juste de regarder celle des démocrates au Sénat avec le même œil. Aux élections de mi-mandat est renouvelée la totalité des 435 sièges de la Chambre mais seulement le tiers des 100 du Sénat. Ilse trouve que cette fois-ci, du fait du nombre des départs en retraite, le renouvellement a été plus important que d’habitude, puisqu’il s’est étendu à 35 sièges. Ce n’est pas tout, les démocrates avaient un avantage de départ : sur les 50 sièges qu’ils avaient suite aux élections antérieures, 36 n’étaient pas en jeu, alors que sur leurs 50 à eux, les républicains n’avaient que 29 de déjà acquis. Les deux camps ne partaient pas donc du même point, les républicains disposant cette fois-ci d’une bonne longueur d’avance. Les républicains ne pouvaient remporter la majorité que s’ils étaient portés par une vague, alors que les démocrates n’avaient besoin en l’occurrence que de se maintenir, que de sauver les meubles autrement dit. C’est peut-être là tout le secret de cette partie, d’ailleurs non encore entièrement terminée.

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