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vendredi 7 octobre 2022

Election des membres du Conseil des droits de l’homme des Nations unies: Le Maroc récolte une seule voix, la sienne

Le Maroc a échoué à rejoindre le Conseil des droits de l’homme des Nations unies (CDH), récoltant une seule voix, la sienne, sur les 190 exprimées, selon les résultats de l’élection tenue mardi à Genève.

Par Hamid M.

Le Maroc, qui figurait sur la liste des pays africains (groupe A) aux côtés de la Coté d’Ivoire, Sénégal, Malawi et le Gabon qui se sont disputés 4 sièges, vient ainsi d’essuyer une défaite spectaculaire au CDH.
L’Assemblée générale a élu mardi 15 nouveaux membres : la Côte d’Ivoire, le Malawi, le Sénégal, le Gabon, la Chine, le Népal, l’Ouzbékistan, le Pakistan, la Russie, l’Ukraine, la Bolivie, Cuba, la France et le Royaume Uni.
Le décompte final a fait ressortir 139 voix pour la Chine, alors que le Pakistan et l’Ouzbékistan ont été élus avec 169 voix et le Népal avec 150 votes. Le Sénégal a quant à lui recueilli 188 voix et la Côte d’Ivoire 182.
La Russie et Cuba font partie des 11 pays élus sans opposition. Les 193 membres de l’ONU ont pu voter dans toutes les régions.
Le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui siège à Genève, est composé au total de 47 Etats membres, élus directement et individuellement au scrutin secret à la majorité des membres de l’Assemblée générale.
La composition du Conseil respecte le principe d’une répartition géographique équitable, les sièges étant répartis entre les groupes régionaux : Groupe des Etats d’Afrique (13 membres), Groupe des Etats d’Asie-Pacifique (13), Groupe des Etats d’Europe orientale (6), Groupe des Etats d’Amérique latine et des Caraïbes (8), Groupe des Etats d’Europe occidentale et autres Etats (7). Chaque siège est assorti d’un mandat de trois ans, et aucun membre n’est autorisé à occuper un siège pour plus de deux mandats d’affilée.
Le Conseil des droits de l’homme a la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme autour du globe. Il est en mesure d’examiner toutes les questions et situations en lien avec les droits de l’homme qui nécessitent son attention.

Pétition contre l’«acharnement judiciaire» visant l’historien Maâti Monjib
Une pétition a été lancée pour soutenir l’historien et journaliste marocain, Maâti Monjib, en grève de la faim pour cause d’«acharnement judiciaire» dont il faisait l’objet depuis 2015, ont rapporté, jeudi, des médias locaux.
La pétition en ligne intitulée : «Cessez l’acharnement judiciaire contre Maati Monjib», a été initiée en soutien à l’historien ciblé par une enquête préliminaire à propos de prétendus actes qui constitueraient, selon un communiqué émanant d’une instance judiciaire de Rabat, des éléments constitutifs de crime de «blanchiment d’argent», mais qui s’inscrit, en effet, selon le journaliste-historien, dans le cadre d’un procès ouvert en novembre 2015 et reporté 20 fois depuis.
Une prochaine audience est fixée au 29 octobre avec 6 autres journalistes et activistes.
En effet, cette accusation «obscène et mensongère» n’est pas nouvelle, a-t-il affirmé sur sa page Facebook, assurant que l’objectif était de donner une apparence de «droit commun» à son affaire car, dit-il, dans le procès ouvert contre lui en 2015 «les charges étaient, principalement et officiellement, de nature politique : atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, affaiblissement de l’allégeance des citoyens aux institutions de l’Etat».
«Je démens avec la force qui me reste ces accusations abjectes et je confirme que je ne me tairai pas de dire la vérité sur la situation des droits humains au Maroc», a-t-il averti.
Sur sa page facebook, Maati Monjib a annoncé qu’ il était «obligé» d’entamer une grève de la faim de trois jours pour protester contre «le harcèlement policier et judiciaire» visant aussi des membres de sa famille.
«Je déclare de nouveau ici que je suis totalement innocent des accusations mensongères et à but diffamatoire et que je n’ai jamais menacé la sécurité de l’Etat : choses qu’on me reproche sans la moindre preuve», a-t-il écrit.
Cet activiste réclame notamment la fin du harcèlement policier et judiciaire contre sa personne et sa sœur et la fin de la campagne de diffamation menée à leur encontre par certains médias qu’il qualifie d’«officines de la police politique», sans quoi, «il serait obligé d’entamer une grève de la faim illimitée».
De fait, le Comité national de solidarité avec le professeur Maâti Monjib et les six activistes, dont le procès est prévu dans deux semaines, considère que l’enquête judiciaire à laquelle est soumis Maâti Monjib et les membres de sa famille «manque de bases légales» et déclare son «soutien total et fraternel» à M. Monjib.
Ces procédures témoignent d’une «instrumentalisation de la justice en vue de faire taire une nouvelle fois les voix qui dérangent», comme l’a dénoncé Reporters sans frontières au sujet du Maroc.
Elles s’inscrivent dans une véritable campagne répressive du pouvoir utilisant «les médias de diffamation», qualifiés comme tels par 110 journalistes marocains en juillet dernier.
Les accusations de malversations ou d’ordre sexuel sont en effet devenues monnaie courante, en particulier contre les journalistes indépendants comme Tawfik Bouachrine, Soulaiman Raïssouni et Omar Radi.

H. M.

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