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vendredi 18 juin 2021

Education nationale: La crise risque d’empirer dans les prochaines semaines

Afin d’exiger une réponse favorable à leurs revendications pédagogiques et socioprofessionnelles, des enseignants des trois paliers (primaire, moyen et secondaire) et des membres du personnel administratif ont observé trois jours de grève et des sit-in devant les Directions de l’éducation.

Par Thinhinene Khouchi

Le secteur de l’Education a connu une grève de trois jours lors de laquelle des enseignants des trois paliers (primaire, moyen et secondaire) et des membres du personnel administratif ont renvoyé les écoliers dans certaines wilayas du pays. Même si le taux de suivi de cette grève, à laquelle ont appelé 14 syndicats de l’Education, a été «mitigé» durant les trois jours, les enseignants grévistes demeurent déterminés à avoir gain de cause et menacent même de durcir leur mouvement en cas de non satisfaction de leurs revendication pédagogiques et socioprofessionnelles. Des enseignants des trois paliers éducatifs et les différents corps relevant du secteur, à savoir le personnel administratif, les inspecteurs, les corps communs et les travailleurs professionnels des 14 syndicats indépendants, réclament la réforme du système éducatif, la révision des méthodologies et programmes et l’accélération de la révision de la loi sur les travailleurs de l’Education. Les revendications portent, en outre, sur l’annulation de la cogestion des écoles privées et leur affiliation au ministère de l’Education, l’amélioration du pouvoir d’achat et le rétablissement du droit à la retraite proportionnelle sans condition d’âge. Durant ces trois jours de débrayage, une tournée à travers plusieurs établissements éducatifs à Alger a permis de constater un taux de suivi «mitigé». Dans certaines communes, les enseignants n’ont même pas répondu à l’appel à la grève qui a connu des sit-in de protestation devant les directions de l’Education dans plusieurs wilayas. A ce propos, le secrétaire général du Conseil des lycées d’Alger, Zoubir Rouina, a estimé que la grève était «le résultat logique de l’accumulation des revendications des enseignants, des travailleurs et des fonctionnaires», précisant que le collectif de 14 syndicats avait soulevé plusieurs revendications sociales, dont l’amélioration du pouvoir d’achat, et d’autres pédagogiques «urgentes» en attente d’un règlement par le tutelle. Le mot d’ordre a été diversement suivi par les établissements éducatifs à travers les différentes wilayas du pays, ont déclaré les directions de l’Education. Enfin, de leur côté, certains parents nous ont confié que «la grève de 3 jours à laquelle ont appelé les syndicats pourrait impacter l’avancement du programme, d’autant plus que c’est bientôt la fin de l’année». Ils s’interrogent, à ce propos, sur le sort des examens alors que la période des devoirs est toujours ouverte. De son côté, le président de l’Association nationale des parents d’élèves, Khaled Ahmed, a estimé que «la grève est, quand-bien même ce serait un droit constitutionnel, inadmissible du moment qu’elle prive les élèves de l’apprentissage», proposant de placer le secteur de l’Education comme étant «stratégique» afin de mettre un terme à la polémique et préserver le droit de l’élève.

T. K.

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