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mercredi 22 mai 2024

Écart

Si en 2019 le Rassemblement National remportait les élections européennes en France, il ne le faisait que grâce à un très petit écart avec la liste de la majorité présidentielle. Moins de 1 % des voix avait en effet permis à la liste menée par Jordan Bardella de devancer la liste du centre. Une déception, certes, pour l’Élysée, mais pas de quoi être pointé du doigt. Aujourd’hui les choses sont différentes et la liste Renaissance menée par Valérie Hayer, présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen depuis janvier 2024, semble se diriger vers une pitoyable défaite. Son score dans les sondages est quasiment à la moitié de celui du Rassemblement National. Une humiliation pour Emmanuel Macron qui a décidé de prendre le taureau par les cornes et de mobiliser rien de moins que son Premier ministre. Il souhaite, en effet, que le Chef de son gouvernement «s’engage au maximum», a-t-il annoncé dans une interview donnée à «La Tribune Dimanche» et «La Provence», ce dimanche. À l’instar de son gouvernement, il veut voir son Premier ministre dans des débats, des meetings, en allant sur le terrain. «C’est ce que je lui ai demandé», affirme le chef d’État. La semaine passée déjà, en privé, il avait enjoint Gabriel Attal de s’engager davantage, lui demandant notamment, selon un proche, d’accepter de débattre face à Jordan Bardella, président et tête de liste de la liste du RN. La décision du président français intervient à un peu plus d’un mois des européennes, alors que la tête de liste de la majorité est à la peine dans les sondages (16,5 %), talonnée par le candidat PS-Place publique Raphaël Glucksmann (12 %). Le dirigeant du RN est crédité de
32 % des intentions de vote dans le sondage Elabe pour La Tribune Dimanche et BFMTV. L’écart s’est donc encore allongé entre le candidat de la droite nationaliste et celle de la majorité présidentielle. Pour expliquer cet écart, Macron invoque l’inaction du RN. À rappeler que le parti n’est pas au pouvoir. Si le RN est si haut, c’est «parce qu’il ne gouverne pas et qu’il ne dit rien», croit toutefois savoir Emmanuel Macron. «Il s’adapte à l’esprit du moment et aux sondages, ne prononçant, par exemple, plus un mot sur la sortie de l’euro». «Ils sont perclus d’incohérence. Ils changent de visage en permanence. Un jour le Frexit, un autre le maintien dans l’Union», a-t-il cinglé. «Agréger les colères, ce n’est jamais proposer un programme ou dessiner un avenir», assène-t-il encore. Interrogé sur les éventuelles conclusions nationales qu’il pourrait tirer du scrutin, alors que le RN a demandé à plusieurs reprises une dissolution s’il gagne les élections, Emmanuel Macron
évacue : «C’est l’élection des députés européens. La conclusion sera donc d’abord européenne». «Ce qui m’importe, c’est qu’on ait un agenda européen le plus ambitieux possible parce que nous en avons besoin», dit-il en promettant de «s’impliquer». Emmanuel Macron n’arrive ainsi plus à cacher sa nervosité de voir sa candidate aussi distancée par le RN et talonnée par le PS. La majorité présidentielle commence ainsi visiblement à regretter son choix, Valérie Hayer ayant été humiliée à de nombreuses reprises lors de ses débats télévisés au cours desquels elle a démontré son expérience face aux candidats des listes qui lui sont opposées. Reste à voir si l’assistance d’Attal et de Macron réussiront à redresser la barre, ou si la majorité présidentielle se dirige inexorablement, comme semble l’indiquer tous les sondages, vers une défaite monumentale.

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