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samedi 3 décembre 2022

Droite

Le rapprochement entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy n’est pas récent, et s’il a commencé en douceur il s’est accéléré ces derniers mois après que l’ex-président de droite ait refusé très ostensiblement de soutenir la candidate officielle de son parti Les Républicains dans la course à l’Élysée. Pourtant, Sarkozy garde des réticences vis-à-vis de Macron, notamment en ce qui concerne son manque de clarté quant à son positionnement politique. Le président Emmanuel Macron devrait se tourner vers la droite «de façon plus franche», l’a ainsi dit hier l’ancien président Nicolas Sarkozy, en lui suggérant de conclure «un accord politique» pour pallier son absence de majorité absolue à l’Assemblée. «Ce n’est faire injure à personne que de rappeler que le président Macron vient de la gauche», a expliqué Nicolas Sarkozy dans une interview fleuve au Journal du dimanche : «J’aimerais parfois qu’il franchisse le Rubicon de façon plus franche, car la France est aujourd’hui majoritairement du côté du parti de l’autorité, de la fermeté, de la liberté. Appelez cela centre droit, centre, droite républicaine, peu importe : l’axe stratégique du pays se trouve clairement là». L’ancien chef d’État et fondateur des Républicains assume dans cet entretien son soutien à Emmanuel Macron dans la campagne présidentielle, au détriment de la candidate de son camp, Valérie Pécresse : «Et si c’était à refaire, je le referais». Il rend hommage à Emmanuel Macron, crédité de «sang-froid, mesure et expérience». «Le président a des intuitions et une expérience incontestables. Mais j’observe qu’il peut parfois avoir la tentation de s’arrêter au milieu du gué. Ce sont les inconvénients du ‘’en même temps’’», explique-t-il. Nicolas Sarkozy pointe enfin les limites de l’article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire passer une loi à l’Assemblée sans vote, à moins du vote d’une motion de censure renversant le gouvernement. Emmanuel Macron, souligne-t-il, «pourrait également chercher à faire un accord politique en bonne et due forme avec toutes les bonnes volontés prêtes à constituer une majorité dans l’intérêt supérieur du pays. On ne se renie jamais lorsqu’on fait le choix de l’intérêt général». Peut-être espère-il ainsi retrouver une fois encore une place d’importance sur l’échiquier politique, lui qui a failli à deux reprises déjà à relancer sa carrière au sein de la droite. Car si Sarkozy a été durant longtemps une référence incontestable à droite, son héritage s’étiole et peu sont ceux qui aujourd’hui se revendiquent encore sarkozistes. Sarkozy, lui, semble avoir décidé de miser sur le macronisme et de mêler son avenir à celui du président français qui a pourtant du mal à s’imposer, que ce soit auprès de ses concitoyens ou de ses homologues à l’étranger. Reste à voir si son pari sera gagnant et si en surfant sur la faible vague macroniste, Sarkozy réussira à maintenir sa tête hors de l’eau.

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