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mardi 28 juin 2022

Droit

Il y a encore quelques années en France un soutien quasi inconditionnel d’Israël émanait des autorités ainsi que d’une majorité du spectre politique. L’on se souvient d’ailleurs qu’en 2014, lors des bombardements massifs qu’avait subis les Palestiniens de la Bande de Ghaza, le président d’alors, François Hollande, avait montré son soutien à Israël, rappelant toujours et encore le leitmotiv selon lequel : «Israël a droit à sa sécurité, Israël peut se défendre s’il est attaqué, et en même temps, Israël doit avoir de la retenue, doit avoir de la réserve par rapport à des actions». Aujourd’hui, alors que le conflit israélo-palestinien ne cesse de se durcir avec des raids faisant des centaines de morts et blessés côté palestinien et que le Hamas continue de lancer des roquettes ayant déjà fait plusieurs morts parmi des civils en Israël, le président français reste étrangement silencieux sauf pour servir des banalités en appelant au «calme et à la paix». Un silence curieux, alors que le dernier conflit qui enflamme le proche Orient dure depuis quelques semaines déjà et a fait énormément de dégâts sur le plan matériel et surtout humain. D’ailleurs, Biden, qui espérait visiblement que la situation se calme avant qu’il n’ait à intervenir, a finalement déclaré sans surprise, sauf pour les naïfs peut-être, qu’«Israël a le droit de se défendre» et qu’il soutenait sans réserve Benyamin Netanyahu. Mais du côté de la France,
l’Élysée n’est pas le seul à marcher sur la pointe des pieds dans ce dossier. Et mise à part le Rassemblement National qui s’est prononcé clairement et sans équivoque du côté israélien et La France Insoumise qui s’est rangée sous la bannière palestinienne, les réactions sont des plus timorées de la part des responsables politiques. Toutefois, que ce soit à droite ou à gauche, certains n’hésitent pas à se positionner de façon personnelle. C’est le cas notamment de Manuel Valls, ex-Premier ministre de François Hollande, qui a salué la décision du gouvernement d’interdire les manifestations pro-Palestine à Paris, par peur de «dérapages». «C’est une décision grave mais justifiée», a-t-il jugé hier. La veille, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a expliqué sa décision sur Twitter en rappelant les «graves troubles à l’ordre public qui furent constatés en 2014». À l’époque, Manuel Valls était à Matignon et il rappelle qu’il y avait eu «dans les rues de Paris, pour la première fois depuis la Libération, des cris de ‘’Morts aux juifs’’». «On parle de soutien aux Palestiniens, mais comme en 2014, cela aurait été une nouvelle fois une manifestation ‘’pro-Hamas’’», a assuré Valls, dénonçant cette «organisation terroriste puissamment armée». L’ex-candidat aux municipales de Barcelone en a profité pour épingler «une partie de la gauche ou l’extrême gauche qui prend prétexte de ce conflit pour justifier l’antisémitisme». Face à l’enlisement du conflit, Valls estime qu’il «faut toujours espérer une solution, qui passera, selon lui, par deux États». «Ça devient irréaliste, mais c’est pourtant la seule solution, attendue par la communauté internationale, par les deux parties», a-t-il certifié. L’ancien Premier ministre a surtout mis en garde contre l’exportation du conflit en France, «comme cela dure depuis 20 ans». «Je l’ai vu moi-même comme maire d’Évry dans nos quartiers, sur notre territoire», a-t-il souligné. Reste à voir si à gauche, les socialistes surtout, finiront par s’exprimer clairement sur le sujet et quelle position ils décideront d’adopter. Suivront-ils la ligne traditionnelle de fidélité à l’État hébreu tout en mettant en garde contre les «dépassements» ou changeront-ils de registre pour tenir une ligne plus proche de celle de leurs électeurs qui, en général, penchent en faveur de la cause palestinienne ?

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