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dimanche 2 octobre 2022

Drogue: Le Maroc se penche sur la légalisation de l’usage du cannabis

Le Maroc, un des premiers producteurs de cannabis au monde, se penche depuis jeudi sur un projet de loi relatif à l’usage légal de cette drogue à des fins thérapeutiques, ont indiqué des médias. L’exécutif marocain devrait compléter et approuver le texte lors de sa prochaine réunion. Le projet de loi prévoit la création d’une agence marocaine de régulation des activités liées au cannabis. Un organe qui sera chargé de «développer un circuit agricole et industriel dans les régions autorisées à produire cette plante», selon plusieurs sources, citées par des médias locaux. Une étude de l’«Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée» (un réseau indépendant), publiée en 2020, évalue la production marocaine annuelle de cannabis à plus de 700 tonnes, pour une valeur de 23 milliards de dollars. Dans son dernier rapport publié en 2020, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc), a indiqué que le Maroc continue d’être le premier producteur de cannabis dans le monde avec 47 500 ha de culture de cette substance en 2018. Selon la même source, le Maroc est cité dans un cinquième des cas de saisie de résine de cannabis opérées à travers le monde au cours de la période 2014-2018. Le rapport intitulé «2020 World Drug Report» souligne, en outre, que la plupart des résines de cannabis d’origine marocaine destinées à l’Europe sont d’abord expédiées vers l’Espagne avant d’atteindre les autres pays européens. Mardi, le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies, Sidi Mohamed Omar, a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à tenir le Maroc pour responsable de son rôle dans le trafic de drogue et la traite d’êtres humains au Sahara occidental occupé, et averti que la paix et la sécurité «sont de plus en plus menacées» dans la région en raison de ces pratiques. «La paix et la sécurité dans notre région sont de plus en plus menacées par le lien entre le crime organisé, le trafic de drogue et le terrorisme où les groupes terroristes transnationaux prospèrent grâce au cannabis produit par le Maroc et à d’autres drogues comme source majeure de financement de leurs opérations terroristes dans la région sahélienne du Sahara et au-delà», a averti Sidi Omar dans une lettre adressée à la présidente en exercice du Conseil de sécurité, le représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’ONU, l’ambassadrice Barbara Woodward. «Nous demandons une fois de plus au Conseil de sécurité de tenir l’occupant marocain pour responsable de son rôle bien documenté dans le trafic de drogue et de le contraindre à respecter ses engagements régionaux et internationaux et à renoncer à ses actions déstabilisatrices qui menacent la sécurité et la stabilité des pays voisins et de toute la région», a également souligné le diplomate sahraoui.

Le ministre des Droits de l’Homme présente sa démission
Le ministre d’Etat marocain chargé des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, a présenté vendredi sa démission au Chef du gouvernement, Saad Eddine El Othmani, alors qu’une régression des libertés a été dénoncée dans le royaume. Le ministre a évoqué dans sa lettre de démission des raisons de santé et de son incapacité à continuer à assumer les responsabilités. Présent au sein du gouvernement depuis 2012, M. Ramid est l’un des leaders du Parti Justice et Développement (PJD) qui conduit la coalition gouvernementale au Maroc. La démission du ministre marocain intervient alors que les violations des droits de l’Homme se multiplient dans le pays, selon plusieurs organisations, comme l’Association marocaine des droits humains (AMDH) ou Amnesty international qui dénoncent régulièrement la «répression des voix critiques» au Maroc comme c’est le cas des journalistes Souleimane Raissouni et Omar Radi, en attente de jugement depuis plusieurs mois. Egalement, l’historien et défenseur des droits humains, Maâti Monjib, arrêté le 29 décembre dans un restaurant du quartier Hassan à Rabat, capitale du Maroc et condamné à un an de prison ferme. Le Comité de soutien du journaliste Maâti Monjib a d’ailleurs appelé à sa libération «immédiate» et dénoncé la «logique de répression» du régime marocain menée contre les journalistes et toutes les voix critiques.

R. M.

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