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mardi 9 août 2022

Dr Chachou, président de l’Association des laboratoires d’analyses : «Les bilans annoncés de Covid-19 sont inférieurs à la réalité»

La situation sanitaire continue de se détériorer en Algérie, avec une hausse alarmante
des contaminations au Covid-19 qui ont dépassé les 2 000 cas en 24 heures.

Par Meriem Benchaouia

Une première depuis le record historique de 1 927 cas qui a été atteint le 28 juillet quand le pays était confronté à la troisième vague. En effet, le nombre de cas positifs de coronavirus journaliers ne cesse d’augmenter, sachant que, selon les spécialistes, les chiffres des contaminations sont nettement supérieurs à ceux annoncés par le ministère de la Santé. Les tests antigéniques auxquels ont recours la majorité des Algériens ainsi que les examens sérologiques réalisés par les laboratoires privés ne sont pas comptabilisés dans le décompte quotidien des cas positifs. Dans ce sens, le Dr Abdelhalim Chachou, président de l’Association des laboratoires d’analyses de biologie médicale, a fait état d’un nombre important de tests antigéniques, entre 100 et 200 au quotidien, enregistrés ces derniers jours dans les laboratoires, après la hausse des contaminations au variant Omicron, indiquant qu’environ 70 % des cas sont testés positifs. Selon lui,  les vrais chiffres du Covid-19 sont inferieurs à la réalité. Le Dr Chachou s’est dit navré de ne pas voir ces résultats figurer dans le bilan rendu public quotidiennement par le ministère de la Santé sur le nombre de contaminations, un bilan basé uniquement sur les tests PCR. Il a estimé, par ailleurs, que les résultats de ces analyses «ne seront efficaces qu’en respectant les normes établies, c’est-à-dire qu’elles doivent être faites entre le premier et le cinquième jour d’une éventuelle infection pour la confirmer», relevant, à ce propos, l’impératif de les compléter par des analyses «PCR» en cas d’apparition des symptômes qui peuvent être dangereux pour la santé du patient. Concernant les tarifs de ces tests, Dr Chachou a indiqué qu’ils oscillent entre 2 000 et 2 500 DA, ce qui «est bien inférieur au plafond fixé par le ministère de la Santé (3 000 DA)». Dans le même sillage, le membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution du coronavirus, Ryad Mahiaoui, a précisé que ces analyses n’étaient pas incluses dans la nomenclature de la tarification des actes médicaux, mais ont été adoptées dernièrement avec l’apparition de la pandémie, exhortant les caisses de sécurité sociale, les mutuelles et les caisses d’assurance à les ajouter à la nomenclature des actes professionnels et des analyses médicales qu’elles prennent en charge. D’autre part, il a plaidé pour un diagnostic précoce du virus afin que les pouvoirs publics puissent contenir la situation, en enregistrant les statistiques précises et réelles de la situation épidémiologique et en mettant en place des moyens nécessaires pour briser la chaîne de transmission et réduire le nombre des cas de contamination. De son côté, Djamel Zeghileche, spécialiste en épidémiologie au CHU Ben Badis de Constantine, a expliqué la différence entre le test antigénique qui détecte la protéine du virus et le test PCR qui détecte la bactérie, affirmant que ce dernier est le «plus fiable» pour le dépistage du virus. L’expert explique qu’un test négatif ne signifie pas que le sujet n’est pas porteur du virus, notamment lorsque les normes ne sont pas respectées et la période d’exposition n’est pas prise en compte. Pour sa part, Pr Kamel Hayel, vice-président du Syndicat national des enseignants et chercheurs universitaires (Snechu), précise que la «fiabilité des tests» dépend de l’efficacité des réactifs qui peut atteindre un taux de 70 %, alors que celle du test PCR peut atteindre un taux de 90 %.

M. B.

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