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samedi 25 mai 2024

Division

Les relations entre la Grèce et la Turquie ne s’améliorent pas et tout est prétexte ces dernières années à une escalade d’invectives entre les deux pays méditerranéens. Après un bras de fer qui a failli tourner au vinaigre après que la Turquie ait envahi la zone maritime de la Grèce, c’est aujourd’hui à propos de Chypre que de nouveaux incidents ont lieu. Cette fois-ci impliquant même les Casques bleus de l’ONU. Les Nations unies ont ainsi accusé vendredi des forces chypriotes turques de s’en être pris physiquement aux Casques bleus qui tentaient de bloquer la construction d’une route controversée. Sans surprise, pour le président turc, les Casques bleus sont responsables de l’incident survenu il a quelques jours à Chypre, où l’ONU a accusé des forces chypriotes-turques de les avoir agressés sur l’île divisée. «L’intervention des Casques bleus (…) est inadmissible pour nous. (…) Avec leur intervention envers les villageois et leurs déclarations inappropriées, les Casques bleus ont porté atteinte à leur impartialité et à leur réputation déjà endommagée», a déclaré Recep Tayyip Erdogan lundi. «Empêcher l’accès des Chypriotes turcs de Pyla à leur propre terre est illégal et inhumain», a ajouté le chef d’État turc. Un calme précaire règne dans la zone tampon sur l’île divisée. L’incident, l’un des plus graves depuis plusieurs années, a suscité de nombreuses condamnations internationales. Il s’est produit à Pyla (Pile en turc), le seul village où vivent côte à côte des Chypriotes grecs et turcs, sur la Ligne verte surveillée par l’ONU. La zone tampon, ou Ligne verte, divise l’île entre la République de Chypre, membre de l’Union européenne et exerçant son autorité au sud, et la République turque de Chypre-Nord (RTCN), autoproclamée et reconnue uniquement par la Turquie, qui a envahi le tiers nord de l’île en 1974 en réponse à un coup d’État de nationalistes chypriotes-grecs souhaitant rattacher le pays à la Grèce. L’ONU a indiqué que quatre Casques bleus avaient été blessés et que ses véhicules avaient été endommagés alors qu’ils tentaient de bloquer «des travaux de construction non autorisés» près de Pyla. Erdogan continue ainsi à irriter ses voisins et à transgresser toutes les règles diplomatiques, interrogeant sur sa intention d’imposer sa volonté par voie militaire dans les mois et années qui viennent. Pourtant, celui qui continue à quémander inlassablement une adhésion de son pays à l’UE semble incapable de calmer son impétuosité, ne serait-ce que pour gagner les faveurs de Bruxelles. Surtout qu’Ankara a fait, il y a encore quelques mois, une nouvelle demande de candidature aux Européens. Les tensions qui existent entre autorités turques et Chypre et Athènes ne font que renforcer l’image instable et ingérable de la Turquie, alors que ces deux pays sont, eux, membres de l’UE.

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