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samedi 24 septembre 2022

Distance

Le premier tour de la présidentielle française se tiendra dans dix jours et l’ancien président de droite, Nicolas Sarkozy, n’a toujours pas apporté son soutien à la candidate de son parti, Valérie Pécresse. Pourtant, le moins que l’on puisse dire est que la candidate Les Républicains a fait tout son possible pour recevoir l’approbation de l’ancien chef de l’État français, sans succès. Pour son dernier meeting en Île-de-France, ce dimanche, Valérie Pécresse a choisi un endroit fort en symboles : le Parc des expositions de la porte de Versailles. Là où Jacques Chirac avait fondé le RPR et surtout un lieu qu’affectionne Nicolas Sarkozy. C’est notamment ici que ce dernier avait officialisé sa candidature, le 14 janvier 2007, en ouverture de sa campagne victorieuse. Si Sarkozy n’a toujours pas pris la parole publiquement pour évoquer son vote du premier tour cette année, c’est en toute logique que le camp Pécresse l’a convié à la grand-messe de son ex-ministre. Toutefois, si de nombreux soutiens politiques seront présents pour pousser la présidente d’Île-de-France dans la dernière ligne droite, l’ancien président de la République, lui, ne s’y rendra pas. «Il a choisi d’être dans une forme de distance dans cette campagne, qui se déroule dans un contexte très particulier», fait savoir son entourage, en écho, notamment, au désordre international engendré par la guerre en Ukraine. Encore récemment, les nombreux sarkozystes historiques qui soutiennent et font campagne auprès de Valérie Pécresse répétaient pourtant, comme un mantra : «Je ne l’imagine pas ne pas soutenir sa famille politique». Désormais, chez LR, ils sont aussi nombreux à espérer qu’il n’appelle pas à voter pour Emmanuel Macron avant le premier tour de l’élection. Ce que les plus pessimistes considèrent déjà comme une forme de clémence de la part de Nicolas Sarkozy qui a pu avoir des mots durs en privé contre Pécresse. Interrogée par «Le Parisien» sur le fait de savoir si elle avait fait le deuil de ce soutien encore prestigieux à droite (malgré sa condamnation en septembre dans l’Affaire Bygmalion, dont il a fait appel), la candidate avait répondu : «J’ai été fière d’être sa ministre et j’ai beaucoup appris à ses côtés. Aujourd’hui, je trace ma route». Ce manque de soutien pourrait surtout aussi coûté quelques voix à la candidate LR, alors que l’ancien président exerce toujours une fascination pour de nombreux électeurs qui pourraient comme Nicolas Sarkozy se détourner de Valérie Pécresse, pourtant choisie à l’issu d’un vote des adhérents de son parti. Reste à voir si l’absence de Sarkozy dans sa campagne aura un impact sur son score le 10 avril prochain, et surtout pour qui les sarkozystes les plus fervents choisiront de voter au premier tour du scrutin présidentiel.

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