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vendredi 7 octobre 2022

Diplomatie: Blinken en Israël pour atténuer le différend sur l’Iran

Les États-Unis sont «déterminés» à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, a assuré, hier à Jérusalem, le secrétaire d’État Antony Blinken, qui cherche à atténuer les tensions avec Israël et des pays arabes sur un possible accord avec Téhéran.

Par Mourad M.

M. Blinken a entamé samedi soir une tournée au Proche-Orient et au Maghreb avec en point d’orgue une rencontre qualifiée d’«historique», dans le désert israélien du Néguev (sud), avec ses homologues de pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël.
Et la question du retour à un accord encadrant le programme civil nucléaire de l’Iran sert de toile de fond à ses entretiens à Jérusalem et à la rencontre ministérielle du Néguev.
Les États-Unis et l’Iran sont dans les dernières phases de pourparlers indirects visant à relancer le pacte de 2015 censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, en échange de la levée des sanctions qui asphyxient l’économie iranienne. Et l’Union européenne a estimé samedi que la conclusion d’un accord était une «affaire de jours».
«Lorsqu’il est question des choses les plus importantes nous logeons à la même enseigne: nous sommes chacun engagés, déterminés, à faire en sorte que l’Iran n’obtienne jamais l’arme nucléaire», a dit M. Blinken lors d’un point de presse à Jérusalem avec son homologue israélien Yaïr Lapid.
«Les États-Unis pensent que le retour à la mise en œuvre complète (de l’accord de 2015) est la meilleure façon de remettre le programme nucléaire iranien dans la boîte où il était avant qu’il ne s’en échappe lorsque les États-Unis ont quitté l’accord sous l’administration Trump en 2018», a-t-il ajouté.
L’accord s’est délité après le retrait américain suivi du rétablissement des sanctions contre l’Iran et après que Téhéran, en représailles, s’est progressivement affranchi des limites imposées à son programme nucléaire.
Mais Israël voit d’un mauvais œil un possible accord entre les grandes puissances et l’Iran, son ennemi numéro un, et affirme craindre de voir Téhéran profiter de l’accord pour se doter en douce de l’arme nucléaire.
«Nous avons un désaccord sur le programme nucléaire et ses conséquences mais sommes ouverts à un dialogue ouvert et honnête», a commenté M. Lapid. «Israël et les États-Unis vont travailler ensemble pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Mais à la fois Israël va faire tout ce qui doit être fait pour stopper le programme nucléaire iranien (…) Pour nous, la menace iranienne n’est pas théorique. Les Iraniens veulent détruire Israël. Ils ne réussiront pas. Nous ne les laisserons pas faire», a-t-il dit.
Après ses rencontres avec les dirigeants israéliens, M. Blinken doit s’entretenir dans l’après-midi avec le président palestinien Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie occupée.
En soirée, il ira à Sde Boker pour rencontrer avec M. Lapid leurs homologues des Emirats arabes unis, du Maroc, de Bahreïn et d’Egypte.
Les Emirats, Bahreïn et le Maroc ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020. L’Egypte a signé la paix avec
l’État hébreu en 1979.
«La normalisation avec Israël est la nouvelle normalité», a déclaré M. Blinken, alors que ces accords ont rompu avec des décennies de consensus arabe conditionnant l’établissement de relations avec Israël avec la résolution du conflit israélo-palestinien.
Les Palestiniens s’inquiètent eux d’être laissés de côté.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Ghaza, a averti que la rencontre dans le Néguev servait à «légitimer les crimes d’Israël» et à «intégrer» l’État hébreu dans la région, posant un «danger non seulement pour la Palestine mais pour la région en entier».
La rencontre du Néguev «montre deux choses à la fois : que la question palestinienne est au bas de l’ordre du jour et qu’il y a des dossiers plus urgents comme l’Iran», a commenté à l’AFP Yoel Guzansky, analyste senior au centre de recherche INSS de Tel-Aviv.
«C’est aussi un signe qu’à la veille d’un accord avec l’Iran, il y a des acteurs dans la région qui sont unis face, selon lui, aux dangers de Téhéran». «Derrière les portes closes, les échanges ne seront pas très doux, mais cela restera derrière les portes closes».
«Le message le plus important qui sera transmis est qu’il y a plusieurs pays du Moyen-Orient qui ne sont pas satisfaits de la performance des États-Unis à
l’égard de l’Iran (…)», a souligné l’analyste israélien Uzi Rabi.
«Les discussions seront musclées et pas seulement Américains contre Israéliens, des responsables arabes aussi. Mais je doute que cela change l’accord», a-t-il dit.
 M. M.

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