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dimanche 2 octobre 2022

Détermination

Depuis plusieurs mois tous les sondages concernant la présidentielle française de 2022 donnent les mêmes résultats : Marine Le Pen et Emmanuel Macron au second tour pour une deuxième fois. Or, aujourd’hui sur la scène politique, de plus en plus d’élus ébranlés par ce qui ressemble désormais presque à une fatalité face à ce duel trop attendu, tentent de réveiller la droite et la gauche qui n’ont pour le moment aucun candidat à proposer. Le Parti socialiste et Les Républicains, représentant la gauche et la droite traditionnelle qui ont régné durant des décennies sur la France, sont aujourd’hui incapables de présenter aux électeurs français une alternative crédible aux candidatures de Macron et
Le Pen. Pourtant, la droite avait lors des dernières élections municipales de cette année repris un peu de vigueur et remporté de nombreuses villes. Malheureusement, si localement l’implantation de la droite est encore bonne, c’est sur le plan national que le manque de direction se fait ressentir. Très (trop) peu de noms sur la liste des candidats potentiels, même si depuis quelques semaines certaines personnalités de droite se montrent plus agressives et ambitieuses. C’est le cas, notamment, de Xavier Bertrand qui se dit «plus déterminé que jamais» face à l’enjeu de l’élection présidentielle de 2022, a-t-il affirmé cette semaine dans une interview au «Parisien». Le président des Hauts-de-France, qui profite de cet entretien pour égratigner au passage un Emmanuel Macron qui selon lui n’est «pas à l’aise sur les sujets régaliens». «Je sais une chose : je suis plus déterminé que jamais», répond l’ancien ministre sarkozyste à une question sur ses intentions pour 2022. «Je suis convaincu qu’Emmanuel Macron n’est pas celui qui réussira à réconcilier les Français, ni celui qui protégera le pays», poursuit-il. «Avec lui, il y a un vrai risque de victoire des extrêmes. Je suis le représentant d’une droite sociale, populaire, capable de rassembler, et qui refusera toujours le moindre compromis avec l’extrême droite». Il dénie au passage la capacité au président de la République d’incarner une candidature de droite. «Il ne suffit pas d’avoir été banquier d’affaires pour être de droite», assène Xavier Bertrand, «ni de prendre un Premier ministre issu de la droite… Si Emmanuel Macron était de droite, il aurait fait de la sécurité des Français une priorité, il aurait aussi lutté efficacement contre l’immigration illégale. Je suis intimement convaincu qu’il n’y a pas d’autre voie que le retour du respect de l’autorité républicaine». Interrogé sur le projet de loi attendu sur le séparatisme, il objecte : «Trois ans et demi perdus ! Le président est un grand naïf qui n’a pas pris la mesure de ces problèmes. Il n’est pas à l’aise sur les sujets régaliens : sécurité, justice, défense ou respect de la laïcité. Il parle de séparatisme parce qu’il a des problèmes à évoquer le communautarisme et l’islamisme». Xavier Bertrand, qui a quitté le parti Les Républicains en 2017, est candidat à sa réélection à la tête des Hauts-de-France aux régionales de mars 2021. Dans le «Parisien», il défend son bilan : «J’ai fait du travail la priorité : juste avant la crise, le chômage baissait deux fois plus vite que la moyenne nationale. Sur notre mandat, le seul service Proch’emploi aura directement permis le retour à l’activité de près de 20 000 personnes. Nous avons redonné du pouvoir d’achat avec des aides directes : transport, garde d’enfant, chèques-vacances… en n’oubliant jamais ceux qui travaillent !». Reste à savoir si les électeurs de droite seront prêts à faire confiance à Bertrand qui s’est fait plutôt très discret ces dernières années ou si, comme beaucoup de personnalités de droite le craignent, ces voix-là iront plutôt du côté de Marine Le Pen qui n’a cessé depuis son arrivée à la tête du Front puis du Rassemblement National de se revendiquer de la véritable droite, celle du général de Gaulle.

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