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mercredi 8 février 2023

Désinhibitions

Si la direction du Parti socialiste a rejoint en mai dernier l’alliance de gauche chapeautée par La France Insoumise, certaines personnalités, parmi les plus médiatisées, notamment celles ayant appartenu au gouvernement de François Hollande entre 2012 et 2017, ont clairement dénoncé le rapprochement de leur parti avec l’extrême-gauche. L’ancien Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a de son côté critiqué la stratégie «démagogue» et de «confrontation» de La France insoumise, qui en «encourageant toutes les désinhibitions, fabrique des votes d’extrême droite en quantité industrielle», hier sur Radio J. Bernard Cazeneuve a quitté le PS quand l’accord Nupes a été noué, en mai, avant de lancer un «manifeste» pour «refonder» une gauche républicaine. «À partir du moment où la gauche n’est pas sur le chemin de la crédibilité, elle ne peut pas incarner une alternance, et à partir du moment où elle encourage par ses positions toutes les désinhibitions, on voit qui en bénéficie», a-t-il déclaré en référence au Rassemblement National et ses 89 députés. «Si je suis sur cette stratégie critique, ce n’est pas parce que je suis défavorable à l’union de la gauche, je suis très favorable aux prises de position de Fabien Roussel, Yannick Jadot et d’autres», a-t-il précisé, citant des responsables sceptiques sur la Nupes. «Je ne suis pas favorable à une stratégie qui fabrique des votes d’extrême droite en quantité industrielle», a cinglé Bernard Cazeneuve. Il y a, à ses yeux, «des démagogues qui ont avant tout le souci d’eux-mêmes : Jean-Luc Mélenchon, certains apparatchiks du Parti socialiste qui ont préféré préserver leur propre avenir plutôt que s’inscrire dans la grande tradition socialiste», a ajouté l’ancien patron de la place Beauvau. Bernard Cazeneuve a brocardé chez LFI l’«idéologie de la confrontation» mettant en danger «l’unité nationale», la «complicité avec les dictateurs» ou encore l’atteinte à «l’idéal républicain d’universalisme et de laïcité». «Je ne me laisse pas impressionner par ceux qui à l’occasion d’une élection présidentielle obtiennent un score et parlent fort», a-t-il insisté. Par ailleurs, «si Olivier Faure perd le congrès du PS de janvier, j’y reviendrai avec bonheur puisque je l’ai quitté avec tristesse», a annoncé Bernard Cazeneuve. Toutefois, un changement de direction et de ligne politique suffira-t-il aujourd’hui à sauver le parti qui a fait seulement 1.75 % à la dernière élection présidentielle et dont le naufrage a commencé il y a déjà plusieurs années, au moment du quinquennat calamiteux de François Hollande. Les électeurs du PS ont trouvé ces dernières années d’autres partis à soutenir et pourraient ne pas être faciles à récupérer rendant une refondation d’autant plus difficile.

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