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samedi 24 février 2024

Des questions quand on ne devrait avoir que des réponses:

La guerre opposant la résistance palestinienne à l’armée israélienne, réputée la plus puissante de la région, entre à peine dans son troisième mois. Aussi ne se risquerait-on pas à en prédire les péripéties futures, et encore moins comment elle pourrait se terminer, pour autant d’ailleurs qu’elle soit du genre à prendre fin. Le conflit israélo-palestinien étant en cours depuis 75 ans, il est possible de la ranger dès à présent dans la suite des guerres dans lesquelles il s’est incarné tout à tour, pour le moment certes à l’extrême bout de la chaîne, et en sachant par avance qu’une autre viendrait un jour ou l’autre s’inscrire dans son prolongement, la faisant basculer du même coup dans le passé. Pour le moment toutefois, c’est elle qui tient la scène, et sans qu’il soit possible de la suivre à la trace en se reportant à un texte préexistant. Tout ce qu’on vient de dire semble récuser toute spéculation, disqualifier toute conclusion tant soit peu marquée. Pourtant, cette prudence dans le propos elle-même n’aurait pas été possible si cette guerre se déroulait comme elle devrait le faire, compte tenu du rapport des forces en présence.

Logiquement on devrait savoir comment elle va se terminer, puisqu’elle met aux prises une puissance militaire, qui plus est soutenue par les Etats-Unis, et un groupe formé de quelques milliers de combattants retranchés sur un minuscule territoire. On devrait le savoir tout en se reconnaissant dans l’incapacité d’en fixer un terme précis. La partie de loin la plus forte, Israël, se sent mal de n’avoir pas écrasé l’ennemi, d’autant plus mal il est vrai qu’elle est entrée dans la guerre par une débâcle. Deux mois plus tard, elle n’a toujours pas compensé cette dernière par une victoire écrasante, en dépit du fait qu’elle ait déjà anéanti plus de la moitié du champ de bataille. Dans cette guerre, on ne devrait avoir que des réponses. On a encore que des questions. C’est cela qui est anormal, et paradoxalement éclairant, tout en étant en défaveur du plus fort. Une guerre qu’il devrait avoir déjà gagnée et qu’il est encore en train de disputer avec beaucoup de peine et d’acharnement, n’est-ce pas là l’annonce d’une défaite ? Dans une guerre asymétrique, le plus faible a gagné s’il n’a pas perdu, et le plus fort a perdu s’il n’a pas gagné. Donc Israël a perdu jusque-là. Il est toujours possible qu’il redresse la barre et se mette à gagner. Mais ce qui se voit sur le terrain ne milite pas en faveur de cette hypothèse, au contraire, les nouvelles du front seraient plutôt en train d’aggraver son cas. Les chefs militaires israéliens appellent troisième phase de la guerre la phase actuelle, ce que tout le monde considère comme étant la deuxième. Ce n’est pourtant pas bien difficile de compter en l’occurrence, les deux temps étant séparés par une pause de 7 jours. Cela ressemble assez à une fuite en avant. La phase 2 a commencé vendredi dernier, elle n’en est donc qu’à ses débuts. Son trait caractéristique, c’est l’extension des opérations terrestres au sud de Ghaza, alors que ces dernières s’étaient cantonnées au nord au cours de la première. Si les Israéliens découpent en trois tranches les deux mois de guerre, c’est peut-être pour se donner l’impression d’avoir parcouru du chemin depuis le début des hostilités, d’avoir obtenu des résultats par conséquent, alors qu’en réalité ils n’ont fait que tourner en rond dans Ghaza.

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