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vendredi 1 juillet 2022

Des opérateurs algériens ont causé des centaines de milliards de dollars de pertes à l’Algérie : Ait Ali révèle une absence de pré-contrôle des véhicules d’occasion importés

L’absence de pré-contrôle, dans les pays d’origine, des véhicules importés par les opérateurs algériens a causé «des centaines de milliards de dollars de pertes à l’Algérie durant les vingt dernières années, que ce soit en raison de la surfacturation ou de l’importation d’équipements imaginaires», a révélé le ministre de l’Industrie.

Par Thinhinene Khouchi

Lors d’une plénière à l’Assemblée populaire nationale consacrée aux questions orales, Ait Ali Braham, ministre de l’Industrie, a regretté le fait que ces pays «n’effectuent aucun contrôle lorsque les véhicules sont destinés à certains pays africains». Dans ce sens, le ministre a souligné que les véhicules d’occasion importés étaient introduits sur le marché local par des «bandes» qui se sont spécialisées dans l’importation de voitures de moins de 10 ans en faisant croire qu’elles étaient plus récentes. Ait Ali Braham répondait à une question du député de l’Union pour Nahda-Adala-Bina, Ahcene Aribi, au sujet du gel de l’autorisation d’importation des véhicules de moins de trois ans et l’annulation du système préférentiel SKD/CKD. Le ministre a expliqué, dans ce cadre, que les exonérations dont ont bénéficié les opérateurs dans le segment SKD/CKD avaient été transférées aux fabricants locaux des composants, en vertu de la loi de finances complémentaire 2020 et la loi de finances 2021, rappelant que les sous-traitants n’avaient, par le passé, aucun avantage douanier ou fiscal ni dans leurs investissements ni sur leurs équipements. Ainsi, les opérateurs qui comptent investir dans l’industrie mécanique réelle seront obligés de se tourner vers ces sous-traitants qui seront «très concurrentiels» et «protégés par des textes réglementaires», notamment le décret 20-226 du 19 août 2020 qui impose un taux d’intégration et un modèle d’intégration rendant éligible à l’application de l’article 60 de la LFC 2020. Il a ajouté que la nouvelle réglementation considère le montage automobile comme une activité plus commerciale qu’industrielle, sans l’interdire, pour peu de s’acquitter de toutes les taxes, y compris la TVN (taxe sur les véhicules neufs). En outre, répondant à une question de la députée indépendante Badra Ferkhi, concernant le plan de relance de la société Africaver (Jijel) et la prise en charge de la situation socioprofessionnelle de ses employés, le ministre a indiqué qu’une commission d’inspection avait été dépêchée par son département en 2020, avec pour mission d’établir un état des lieux en termes d’équipements et de ressources humaines, mais aussi de réaliser un audit financier de la société. Il a ajouté qu’un rapport a été transmis à la tutelle qui a préconisé des solutions qui exigent, toutefois, l’implication d’autres intervenants, notamment les banques. Ait Ali Braham a affirmé que cette société bénéficiera d’un plan de relance qui demande, néanmoins, un financement qui ne peut être décidé que par le Conseil des participations de l’Etat qui doit donner son feu vert aux banques pour débloquer les fonds nécessaires pour le démarrer. Selon lui, ce projet ne pourra être concrétisé à court terme, estimant que cela devrait se faire au plus tard au cours du 1er semestre 2022 et en attendant, une gestion conjoncturelle des problèmes de cette société, notamment celui des salaires, sera assurée. Le ministre a indiqué qu’Africaver peut continuer d’exister sans recourir à sa privatisation, du fait qu’elle fabrique des produits dont le marché algérien a besoin avec la possibilité d’alimenter d’autres secteurs tels que l’industrie automobile ou encore certaines industries militaires.

T. K.

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