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dimanche 4 décembre 2022

Des actions de protestation dans différents secteurs : Tension sur le front social

Le front social vit ces derniers jours au rythme des mouvements de grève, parfois sauvages ou alimentés de rumeurs, qui perturbent différents secteurs. Après un calme qui aura duré plusieurs mois, des travailleurs, syndiqués ou non, manifestent leur colère quant à leurs conditions socioprofessionnelles.

Par Aomar Fekrache

Avant-hier était le deuxième jour de grève dans le secteur de l’Education. Cette action de protestation à laquelle a appelé le Cnapeste a été partiellement suivie, mais renseigne sur la persistance de problèmes que l’on tarde à régler dans ce secteur névralgique. Cette année, les débats portaient sur la possibilité ou non d’achever à temps les programmes scolaires, et tout débrayage ne fera qu’empirer une situation déjà aléatoire. Cette grève, faut-il le rappeler, a été décidée suite à l’échec d’une rencontre entre le syndicat et la tutelle. Les revendications exprimées portaient, entre autres, sur «l’augmentation des salaires, la majoration du point indiciaire, le rétablissement de la retraite anticipée». Des revendications certes difficiles à prendre en charge dans leur totalité, en cette conjoncture économique difficile, mais ne pas parvenir à un accord avec des concessions de part et d’autre est déconcertant. La décision du ministère d’appliquer des ponctions sur les salaires des grévistes n’est pas pour arranger les choses. L’autre grève qui ne révèle pas tous ses secrets mais qui renseigne sur un marasme jusque-là camouflé, n’est autre que celle enclenchée, sans préavis, par les travailleurs d’Algérie Poste. Depuis avant-hier, des citoyens sont dans l’impossibilité de retirer leur argent suite à la suspension du service dans de nombreuses agences postales. «Grève sauvage» décidée à la veille du mois de ramadhan, mais cela, à lui seul, ne cerne pas cette action de protestation qui pénalise des milliers de simples citoyens. L’on apprend que dans la soirée d’avant-hier, la direction générale de l’entreprise a indiqué dans un communiqué, en réponse aux doléances des employés, que «la prime d’encouragement sera versée durant ce mois de ramadhan». Pour les revendications liées aux primes individuelle et collective, le dossier des travailleurs suspendus et le réaménagement des horaires de travail, l’entreprise a signalé que «toutes les mesures inhérentes à leur satisfaction ont été prises, néanmoins, leur mise en application dépend de l’installation du syndicat de l’entreprise». La grève qui se poursuivait hier, est la preuve que les employés ne croyaient pas trop en les engagements de leurs responsables hiérarchiques. La semaine dernière, c’est le Collectif des syndicats de la santé qui avait organisé un mouvement de grève pour appeler à la satisfaction de revendications socioprofessionnelles, dont certaines remontent à plusieurs années.Les représentants du Collectif regroupant 3 syndicats, à savoir le Syndicat national des enseignants et chercheurs universitaires (Snechu), le Syndicat national des praticiens de la santé publique (Snpsp) et le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), avaient appelé les pouvoirs publics à «l’application des droits octroyés par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en faveur des fonctionnaires du secteur, notamment après la propagation du Covid-19». Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, avait affirmé la veille que toutes les revendications «légitimes» des professionnels du secteur seraient prises en charge, notant que la grève, annoncée par le Collectif des syndicats de la santé est un «droit garanti par la Constitution». Par ailleurs, le Comité national des travailleurs des Douanes a démenti, en ce début de semaine, le faux préavis de grève des agents de douane relayé sur les réseaux sociaux, niant tout lien avec ce préavis «mensonger» dont la source est «inconnue». C’est dire que certaines parties n’hésitent pas à faire appel aux rumeurs et au mensonge pour nourrir la discorde, quitte à recourir aux fake news. Mais d’autres actions de protestation sont annoncées, faisant craindre que la boite de Pandore soit ouverte. Hier, c’était le Syndicat autonome des fonctionnaires des impôts qui a appelé, dans un communiqué, à trois jours de grève, à partir du 20 avril prochain. Les revendications exprimées sont d’ordre socioprofessionnel, liées notamment aux salaires. Mardi, les travailleurs de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade) ont entamé une grève nationale de trois jours pour revendiquer l’amélioration de leurs conditions de travail.
A. F.

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