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dimanche 27 novembre 2022

Dernier roman d’Amine Zaoui : «Nirvana», un voyage dans l’histoire et la culture

L’écrivain Amine Zaoui nous propose, dans sa dernière œuvre littéraire, un voyage dans l’histoire où la culture algérienne est mise en valeur.

Par Abla Selles/APS

C’est dans son roman «Nirvana» que l’écrivain plonge le lecteur dans l’histoire de l’Algérie depuis l’ère ottomane jusqu’à la période post coloniale, dans une description narrative empreinte de symbolique et inspirée du legs populaire. Il s’agit d’un roman historique où l’héritage ancestral est présent en force pour nourrir la fiction.
Paru aux éditions El Ikhtilaf en Algérie et Dhifaf au Liban, ce roman de 294 pages emmène le lecteur dans des fragments de l’histoire de l’Algérie à travers le parcours d’une famille qui habite le village d’«Arbouz», où l’arrière grand-père dénommé Amusnaw Axel Arbouz a choisi de s’installer, fuyant la tyrannie et l’injustice des Ottomans qui ont mis à rude épreuve sa tribu et sa famille en les faisant crouler sous le fardeau de l’impôt.
Même après la capture de leurs enfants envoyés comme esclaves au palais de Topkapi, l’arrière grand-père a refusé que sa sœur «Dihya» soit emprisonnée par des soldats. Il est alors amené à commettre un crime pour la libérer et vivre en fugitif avant de trouver refuge dans ce village chargé de traditions et de coutumes folkloriques.
Dans son ouvrage, Amine Zaoui évoque la vie sociale, politique et économique des habitants d’Arbouz et d’Amizour, en conciliant légende et réalité à travers le personnage principal «Anzar», petit-fils d’Amusnaw qui nous fait plonger dans les premières expériences de ce jeune qui a atteint le «Nirvana» dans le monde des interdits, celui des femmes, du cigare, de l’alcool, du haschich.
Dans ce style narratif, le romancier s’est surpassé dans la reconstitution des événements et des personnages, abordant le moindre détail entre les deux villages à travers diverses phases temporelles et de nombreux personnages dont les noms ont des connotations historiques.
L’auteur fait prendre au lecteur le goût à l’excitation et au suspense que procure le déroulement des événements qui l’accrochent pour découvrir le sort de l’oncle «Slimane Ouinas», symbole de la révolution et de l’ouverture ou encore celui de «Farida Aït Othmane», suivant un tissage narratif qui révèle les incompatibilités interpersonnelles entre les personnages qui meublent le texte.
Les éléments du patrimoine populaire, les traditions folkloriques ayant un lien étroit avec l’environnement local dans le monde rural algérien ont été employés dans le but d’enrichir le texte.
C’est le cas du rapport de la personnalité d’«Anzar» avec l’âne «Azmour» et dont la tombe s’est transformée en un mausolée et en cimetière visité par les gens pour avoir des bénédictions, après que des ouïes-dires laissaient entendre que la tombe est celle du petit-fils du dernier imam et prêcheur de la mosquée de Cordoue avant sa chute.
Né en 1956 à Tlemcen, Zaoui a décroché plusieurs prix internationaux, à l’instar du «Bouclier de la culture libanaise» décerné par le ministère libanais de la Culture (2007).
Outre ses romans, Amine Zaoui est également producteur et présentateur de plusieurs émissions radiophoniques et télévisées, consacrées au monde de la pensée, de la littérature et de la philosophie, en sus de ses articles parus dans la presse nationale et étrangère.
A. S./APS

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