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mardi 9 août 2022

Départ

Il y a quelques mois, lors de l’annonce de sa candidature pour l’investiture de son parti à la présidentielle de 2022, Éric Ciotti avait été copieusement moqué par les médias et sur les réseaux sociaux, certains assurant même qu’il finirait bon dernier du scrutin interne des Républicains. Pourtant, jeudi 2 décembre, c’est lui qui arrive en tête au premier tour du scrutin, éliminant par la même occasion le favori des sondages, Xavier Bertrand. La conclusion de cette victoire inattendue est sans doute que la ligne droitière des LR est bien plus forte qu’attendu et que les adhérents du parti, seuls autorisés à choisir leur candidat pour la prochaine élection présidentielle, sont bien plus polarisés que ce qu’il y parait. Ainsi, même si Valérie Pécresse est celle qui a finalement été choisie au second tour, elle présentera un programme bien moins centriste que prévu. C’est dans ce contexte que quinze élus LR, membres de la majorité du maire de Nice Christian Estrosi, de la métropole ou du département des Alpes-Maritimes, ont annoncé la semaine dernière leur départ, «avant de se déshonorer», du parti «Les Républicains» dont ils contestent l’évolution sous l’influence d’Éric ciotti. «On voit bien aujourd’hui que Valérie Pécresse, candidate des Républicains à la présidentielle, est prise en otage par la zémmourisation imposée par Éric Ciotti», a affirmé une proche des partants pour expliquer cette décision collective après la primaire interne qui a vu le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti arriver en tête du premier tour et obtenir 39,05 % au second tour. Le maire de Nice et président de la métropole niçoise, Christian Estrosi, avait ouvert la voie le 6 mai en claquant la porte de LR en appelant à une clarification sur la position vis-à-vis du Rassemblement National. Considéré comme «Macron-compatible», il avait alors lancé son mouvement politique «La France audacieuse», arguant qu’il était «temps de reconstituer une grande formation politique de centre droit». Éric Ciotti avait déclaré le 5 septembre qu’il voterait pour le polémiste d’extrême droite en cas de duel entre celui-ci et le président sortant Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, une affirmation qu’il n’a pas réitérée ensuite. «Parce que nous sommes attachés aux valeurs gaullistes qui font que l’élection présidentielle est un moment de vérité et de rassemblement. Parce que nous n’avons jamais hésité à faire barrage à l’extrême droite quand l’occasion s’est présentée alors que certains pactisent ouvertement avec elle. Parce qu’il est inconcevable d’avoir le moindre mot de soutien en faveur d’Eric Zemmour et d’appeler à voter pour lui», ont indiqué les élus niçois pour justifier leur départ. «Parce que certains qui n’ont plus de Républicains que le nom, ont définitivement tourné le dos à leur histoire politique et à nos valeurs. Parce qu’en réalité, c’est notre parti qui nous a quittés depuis qu’il est dirigé par une faction. Parce que nous sommes de la droite républicaine et que parfois la fidélité c’est de s’en aller avant de se déshonorer», ont-ils ajouté. Reste à voir si ces élus franchiront le pas et rejoindront officiellement le président sortant, qui à ce jour ne s’est toujours pas déclaré candidat à sa propre réélection, ou s’ils resteront en dehors de la prochaine campagne présidentielle. Pour le moment, Pécresse, elle, continue en tout cas à être bien placée dans les sondages et pourrait même être la seule, d’après une récente étude d’opinion, capable de battre Macron au second tour de la présidentielle.

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