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dimanche 2 octobre 2022

Démission

Il y a quelques mois, beaucoup voyaient déjà le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, comme un parfait candidat dans les années futures à la présidentielle américaine. Charismatique et plébiscité, il avait en outre géré, pensait-on du moins à l’époque, la crise sanitaire due au Covid-19 de façon magistrale. Mais aujourd’hui, un an après le début de la pandémie, les choses ont bien changé, et outre les révélations sur ses nombreux mensonges concernant sa gestion du Covid-19, viennent s’ajouter de graves accusations de harcèlement sexuel qui risquent de mettre fin à sa carrière. Interrogé sur la question mardi, Joe Biden s’est déclaré, comme beaucoup d’autres personnalités politiques et médiatiques, en faveur de la démission d’Andrew Cuomo : «Je pense qu’il sera probablement mis en examen», a estimé le président américain. «Il doit y avoir une enquête pour déterminer si ce qu’elles disent est vrai. Voici ce qui se passe en ce moment», a-t-il ajouté, nuançant les demandes pressées des autres démocrates. «Il pourrait y avoir une mise en examen pour des crimes, je ne sais pas». Joe Biden, qui a lui-même été accusé d’avoir eu des gestes appuyés par plusieurs femmes et d’agression sexuelle par une ancienne collaboratrice durant la campagne, a ajouté qu’«on devrait toujours présumer qu’une femme dit la vérité et qu’elle ne devrait pas être victimisée pour avoir parlé». «Cela demande beaucoup de courage de parler publiquement. Donc on devrait partir du principe qu’elles devraient être prises au sérieux. Et cela devrait faire l’objet d’une enquête. Et c’est ce qui se passe en ce moment». Dès mercredi, Andrew Cuomo a répondu au président américain : «Si vous avez commis un crime, vous devez être poursuivi. C’est vrai. Mais ce qu’a dit le président Biden est : ‘’Il devrait y avoir une enquête’’. Et je suis d’accord avec lui. Les habitants de New York sont d’accord avec lui». Malgré ces polémiques, Andrew Cuomo, dont le père Mario a été trois fois gouverneur de New York avant lui, ne compte pas démissionner. Il pourrait pourtant faire face à une procédure de mise en accusation par la Chambre new-yorkaise, avec le soutien des élus démocrates locaux. Une enquête a été confiée au cabinet d’avocats David Polk & Wardwell LLP, qui aidera la commission judiciaire avec «l’expérience, l’indépendance et les ressources nécessaires pour mener cette enquête d’une façon approfondie et rapide». Un choix qui a rapidement été critiqué par Debra Katz, qui défend Charlotte Bennett, une des accusatrices du gouverneur, rapporte Politico. Elle a dénoncé un «conflit d’intérêts inacceptable» car ce cabinet emploie notamment Dennis Glazer, dont l’épouse Janet DiFiore a été nommée par Andrew Cuomo à la tête de la cour d’appel de l’État, et qui siège depuis 2014, et sa nomination par Andrew Cuomo, au sein de la commission délivrant les permis de construire pour les casinos. Reste à voir si de son côté le président américain sera obligé, au vu de la pression qu’il y a autour de cette affaire, de se montrer plus insistant avec le gouverneur newyorkais, qui même s’il semble être prêt à monter au front et à livrer bataille doit se résoudre à admettre que les habitants de la Grande Pomme sont, au vu des dernier sondages, une majorité désormais à ne plus vouloir de lui et à souhaiter son départ.
F. M.

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