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vendredi 9 décembre 2022

Démission

 

Depuis quelques semaines les députés de La France Insoumise sont placés comme jamais face à leurs propres contradictions et s’adonnent à des exercices de contorsionnistes à chaque fois qu’un journaliste les met face à leurs incohérences. Car après avoir prouvé que le parti d’extrême-gauche est loin d’être exemplaire en ce qui concerne les violences faites aux femmes et le harcèlement sexuel, aujourd’hui plusieurs élus sont désormais confrontés à leur cumul de mandats, alors même que cela a été depuis plusieurs années l’un de leur cheval de bataille. En effet, les députés LFI élus en juin, qui avaient promis de démissionner de leur mandat francilien, refusent aujourd’hui de suivre ce principe car leur retrait signifierait la disparition de leur groupe. En Île-de-France quatre députés LFI persistent à siéger dans l’hémicycle régional : Clémentine Autain, Sophia Chikirou, Raquel Garrido et Paul Vannier. Un choix d’autant plus surprenant que lors du précédent mandat, Clémentine Autain, dans la même situation, avait laissé la main à son suivant de liste. Chez les Insoumis, il semblerait aussi que la situation créée des tensions. « Des militants mais aussi des cadres font savoir que la situation ne peut pas durer », indique une source du mouvement. Toutefois, les élus mis en cause tentent de rationaliser leur position. « Si nous démissionnons tous les quatre, explique Paul Vannier, notre groupe passera de 10 à 6 élus. Or la barre pour constituer un groupe est de 7 élus. » En charge des élections au sein du mouvement, il poursuit : « Nous serions condamnés au silence dans un débat déjà corseté en Île-de-France. C’est hors de question pour nous car nous y faisons un travail important ». « Nous sommes vraiment en phase, assure de son côté Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis. Si on démissionne, on démissionne tous. Nous sommes partants mais pas au prix de l’effacement d’un groupe de la France Insoumise… » Celle qui avait mené une liste commune avec le PCF aux régionales assure avoir « proposé et reproposé un groupe en commun » à ses partenaires communistes, mais elle certifie que « la porte semble fermée ». Paul Vannier, en charge des négociations, souhaiterait « la création d’un seul groupe commun à toutes les forces de la Nupes ». Or, les partenaires communistes et écologistes savent que constituer un seul groupe, outre le sens politique, les députés eux-mêmes n’ayant eux-mêmes pas franchi ce pas à l’Assemblée, où ils se sont contentés d’un intergroupe, reviendrait à perdre en temps de parole et en collaborateurs. « Tant que les congrès des uns et des autres ne sont pas passés, cela semble compliqué d’avancer dans une direction ou dans une autre », avance un conseiller régional francilien. Si les quatre députés LFI démissionnent, ce sont les suivants des listes constituées par département qui prendront leur place. Il s’agit dans leurs cas de socialistes ou d’écologistes mais pas d’Insoumis. Les Insoumis indiquent avoir suggéré un accord entre les formations de la Nupes pour que les suivants de liste renoncent à siéger, laissant la place au premier Insoumis le plus proche, mais ils ont essuyé des refus. Or au sein de LFI l’on se passerait bien de cette énième polémique et sa résolution le plus vite possible est attendue par tous alors que les ennuis s’enchainent pour la formation d’extrême-gauche et que pour la première fois certains cadres Insoumis se risquent à critiquer, à demi-mots, la gestion de Jean-Luc Mélenchon de l’affaire Quatennens. Surtout, les Insoumis prouvent depuis quelques mois que leur mouvement est semblable aux autres et que comme les autres partis politiques ils tiennent souvent des discours qu’ils sont incapables de s’appliquer à eux-mêmes.

 

 

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