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vendredi 12 août 2022

Défaite

Décidément, Anne Hidalgo regrettera longtemps de s’être lancée dans la course à l’Élysée tant elle reçoit de critiques et de moqueries. Les réseaux sociaux et les médias ne sont pas les seules sources de reproches de la maire de Paris. Ses propres camarades du Parti socialiste n’hésitent plus à la tacler sur sa campagne calamiteuse et sur sa volonté allant contre tout bon sens de maintenir sa candidature à la présidentielle. Sur France Info, Bernard Cazeneuve a ainsi dit souhaiter que «la gauche sorte de l’égosphère pour entrer dans l’atmosphère». Interrogé  au sujet des chances d’Anne Hidalgo de remporter la présidentielle sur France Info hier, l’ancien Premier ministre s’est fendu d’une réponse sans détour. «Je suis lucide et je pense qu’il est préférable de l’être surtout si on veut atteindre l’objectif de crédibilité», a commencé celui qui a pourtant un rôle de «conseiller» dans l’équipe de campagne de la maire de Paris. «C’est plus difficile pour Anne Hidalgo que ça l’a été pour d’autres candidats socialistes à d’autres époques», a-t-il continué. Selon lui, ces difficultés existent parce que «les socialistes ne se sont pas préparés comme ils auraient dû le faire à cette échéance». «Pendant cinq ans, le travail sur le fond qui devait être fait, de réorganisation, de projection d’un projet, de mise en évidence de talents, n’a pas été fait», déplore-t-il. Il estime qu’après cette «phase d’impréparation» a suivi «une phase d’improvisation». «Anne Hidalgo a raison désormais de faire campagne autour de son projet pour essayer d’inverser la tendance», juge-t-il. Interrogé sur la candidature de Christiane Taubira, qui a annoncé qu’elle participerait à la primaire populaire, l’ancien Premier ministre n’a pas souhaité «commenter». «Si l’on veut que la gauche s’unisse, il faut qu’il y ait une force politique. C’est une organisation, c’est un parti qui autour d’un discours de responsabilité, de crédibilité et une volonté de transformation du pays, décide de créer autour de lui un élan», argumente-t-il. Selon lui, c’est ce qu’a fait François Mitterrand en 1971 lorsqu’il a décidé de rénover le Parti socialiste au congrès d’Épinay. «C’est ce travail de rassemblement et de réflexion sur le fond que nous aurions dû engager au cours des cinq dernières années», considère Bernard Cazeneuve. Et d’ajouter qu’il «préfère les partis populaires aux primaires populaires». Selon lui, si la gauche veut parvenir au rassemblement, elle doit avoir «plus d’idées et mois d’ego». «On ne peut pas à la fois vouloir le rassemblement et créer les conditions de candidatures supplémentaires tous les jours», tance-t-il à destination dans l’ancienne garde des Sceaux. Et de conclure : «Je formule le vœu qu’à gauche on commence à sortir de l’égosphère pour entrer dans l’atmosphère». Les candidates issues du PS ne sont ainsi pas épargnées par leurs camarades qui face à leurs scores se situant autour des 2-3 % dans les sondages, se désespèrent d’une nouvelle humiliation nationale au soir du premier tour de la présidentielle. D’ailleurs, Ségolène Royal l’avait dit il y a encore quelques jours, qu’il aurait mieux valu pour le PS faire l’impasse sur la présidentielle de 2022 pour mieux se préparer à celle de 2027, plutôt que de mener une campagne qui aboutira à une nouvelle défaite cinglante.

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